jeudi 6 octobre 2011

ETAZUNIAN FOODING : CHICAGO

Junk Food
La gastronomie n'est pas le propre de la culture américaine. Pour autant, on pourra trouver ici et là quelques gourmandises indépendantes de la « junk food » et autres « double bacon & cheeseburger » qui non contents de n'apporter aucune émotion gustative, ont un caractère roboratifs voire indigeste presqu'insoupçonnable. Nous éviterons donc, de principe, de développer quelques mémorables « mistakes » comme un Club Panini dont le passage pylorique se montrera exigeant en enzymes et autres sels biliaires… Inutile également de détailler cette plongée dans l'inconnu, au petit déjeuner, qui promettait d'être assez simple (NoMI omelette) et qui s'avérera également consistante au point qu'on la dira indigeste, mêlant un bacon réputé fumé au bois de pommier (quelle subtilité), une variété de poivrons, de jolies tomates au four, l'ensemble posé sur un lit de porridge certes de qualité mais constituant dans l'ensemble une « cuisine moderne » d'essence Ecossaise, revisitée façon US… assez détonnante.

A ce même NoMI, niché au 7ème étage du Park-Hyatt, sur Michigan avenue, avec une vue imprenable sur Water Tower… on aura cependant trouvé de bonnes choses à l'heure du dîner, et la gourmandise aura été satisfaite au dîner, avec le « cellar plate » (une assiette assez européenne, avec de beaux produits Ibériques…), une très belle salade de tomates (réputées bio) et de Homard, suivies d'un délicieux poulet à l'estragon (l'un et l'autre certifiés « bio »)… et une tarte meringuée au Yuzu… bien honnêtement un bon repas, aussi bio que bion… arrosé d'un Dry Martini et d'un Chardonnay de la vallée de Sonoma (Red Car) de belle facture. 

On refera, dans ce NoMI un second dîner, sous forme express, avec des tagliatelle délicieux (coupés à la main, façon Soba…) et des sushis de haute volée. Bel établissement (joliment renommé localement), où le petit déjeuner aussi peut être exquis lorsqu'on évite l'omelette NoMI pour choisir plutôt une forme sophistiquée de « Bagels, Cream cheese and lox » remplaçant le Bagel par des crêpes de sarrazin fourrées d'œuf haché avec de la crème surette –quand l'europe centrale parle…- et surmontées d'un saumon fumé exceptionnel et d'une galette croquante de pommes de terres à propos de laquelle on peut se demander si le Chef n'aurait pas un jour visité Bernard Pacaud et pris inspiration place des Vosges… Il faudrait encore évoquer au petit déjeuner les viennoiseries (absolument exceptionnelles), les « English Muffins » qui confinent à la perfection et pour les amateurs, les fruits frais (berries somptueuses)… Bel établissement en somme, malgré l'erreur (finale) de cette fichue omelette au porridge.

Good Food ...
Morton's of Chicago
Qui dit Chicago dit aussi Steaks… et de penser au fameux Morton's of Chicago qui a donné naissance à un nombre impressionnant de clones à travers les USA et le Canada. Le décor est invariable (sinon qu'ici nous sommes à la source), la viande impeccable, USDA prime meat, le sirloin (19oz soit une bonne livre…) est  présentée avec talent (« always make the show big »), cuit de façon irréprochable (crispy outside, bloody-rare inside) et le plaisir est total !... malgré qu'au plan strictement culinaire, on ne trouve ici rien que (mais ce n'est finalement pas rien)… rien que la qualité de la viande ! Superbe, « thick, juicy, nice and tender… » comme dit la chanson (« The rumsteak serenade ». Pèlerinage donc chez Morton's, arrosé au Martini comme il se doit.

HUGO's FROG LEGS
Mais la steak experience ne pouvait s'arrêter là… Réservation prise initialement chez Gene and Georgetti, puis finalement annulée : quelques bruits de couloirs, selon lesquels G&G ne sont plus ce qu'ils étaient, l'établissement dériverait depuis qu'il n'est plus stimulé par la fréquentation de Sinatra… bref, l'envie initiale était d'aller chez Gibson's et toute réservation chez Gibson's s'avérait mpossoible avant une semaine… encore que… le restaurant voisin de Gibson's, établissement au nom évoqateur de Hugo's… nous aura été proposé par le concierge du Park-Hyatt avec la précision que l'établissement serait identique à Gibson's dont il partage la cuisine et l'approvisionnement. Ce qui fut confirmé (et d'ailleurs Gibson's semble « posséder » tous les établissements du coin…) En tous cas, Hugo's et Gibson's sont côte à côte… la carte de l'un est centrée plutôt sur 2/3 seafood et 1/3 viande et la proportion inverse se retrouve chez l'autre. Nous aurons donc bien notre Sirloin (19oz) Gibson's mais consommé chez Hugo's. Compliqué mais finalement simple et dans une atmosphère survoltée de steakhouse visitée par les Chicagoans, notamment les jours de match de football ou de baseball… Steaks formidables, mashed potatoes et creamy spinach admirables… et l'ensemble couronné d'une bouteille de Caymus qui, parmi les Californiens, inspire indiscutablement le respect ! Et juste en face en cas de "petite faim"... Une pizza exemplaire (et non une Pan Pizza, spécialité de Chicago que nous aurons consciencieusement évitée).