samedi 29 octobre 2011

ARNSBOURG 21.10.2011


Grand déplacement de la bande des quatre, en goguette vers l'Alsace : visite à Jean-Georges et Cathy Klein à l'Arnsbourg... Grande expédition qui débute tôt le matin Gare de l'Est pour arriver avant 11h à Strasbourg où le Taxi attend pour assurer le transfert des quatre convives, à travers le brouillard du matin, vers Untermuehlthal, puis Baerenthal, tout là bas au milieu de Nulle Part, sur la ligne frontière entre la Moselle et le Bas-Rhin... 

Le DimSum
à l'Arnsbourg où nous entrons "pour nous faire gâter" et retrouver "notre table", et profiter de la gentillesse de Cathy qui nous propose de composer le grand menu dégustation autour du plat que nous aurons choisi... trois fois le Ris de veau au foin et à la citronnelle... et un rognon. Et de retrouver Valère à la sommellerie, égal à lui-même... et après un mismatch avec un Muscat (Josmeyer 2010 ... sec, croquant autant qu'inutile...), des valeurs sûres et splendides : Riesling Schlossberg 2008 (Ah Colette Faller !...) doublées et suivies d'un somptueux Morey-St Denis (La Riotte) de Perrot-Minot 2002...

L'huître
Grand menu, selon Jean-Georges Klein, construit par Cathy avec un sens de l'équilibre et de l'harmonie qui n'a d'égal que la délicatesse d'y ajouter une kolossale assiette d'émulsion de pomme de terre aux truffes noires, et le traditionnel cappuccino aux truffes. Un menu juste extraordinaire débutant par deux bouchées un peu discutables puis un absolu sans faute jusqu'à la case arrivée... Au tout début, une mention toute particulière pour un DimSum au champignon Shiitake d'une perfection absolue, d'une texture improbable (ferme, tendre, contrastée comme il faut avec la farce délicate de ce champignon asiatique parfumé)... puis suivra l'huître, un grand classique qui allie à une spéciale cristalline et à parfaite température, une acidularité parfaitement maîtrisée, tout en délicatesse...

Le F.F. Gargouillou

Maki
...Prélude à la truffe et émulsion de pomme de terre... (une tuerie)... et une très belle assiette maraîchère (le "Gargouillou" ou "l'Arlequin" façon Klein, flanqué d'un maki de saumon juste exquis). A suivre une petite assiette dominée par le Topinambour, associant à un "cromeski" une émulsion du genre "sous-bois" et un salpicon de truffes et cèpes. Un très beau plat, flattant la gourmandise mais peut être un peu trop compliqué... et suivi d'un Saint-Pierre aux Girolles qui emportera l'adhésion absolue de l'ensemble de la bande des quatre ! Une simple merveille, goûteuse, équilibrée sans timidité dans les saveurs comme dans les textures. Cuissons impeccables (évidemment) et saveurs en parfaite harmonie... et de se préparer à déguster une assiette à deux étages : le premier tout simple évoquant une bouillabaisse du XXI° siècle (ce qui n'est pas moindre paradoxe en terre Alsacienne... mais belle réussite !...)... le second amenant un supplément crustacé délicieux avec le homard, algues et girolles, dans un consommé, splendide lui aussi d'équilibre et de gourmandise !

L'assiette de Topinambour
Le Saint Pierre aux Girolles

Assiette maritime
Le Homard
C'est décidé ! Nous restons pour le plat "de résistance" et nous réjouissons de voir arriver les pommes de ris de veau, cuites au foin, croustillantes comme il convient, tendres et lactées... et assorties d'un jus à la citronnelle qui ne fera pas tout à fait l'unanimité. L'alternative urologique du rognon, genre compétition, n'appellera de commentaire que superlatif... Qu'il s'agisse du ris de veau ou du rognon il ne restera rien au fond des assiettes ! Quand arrive le plateau de fromages ... au sein duquel un admirable Vacherin signé Bernard Antony... irrésistible ! Le Maître d'Hôtel mettra sans doute quelques heures à se remettre du choc émotionnel que nous lui aurons procuré en lui demandant de bien vouloir placer le vacherin au milieu de la table... le dispensant ainsi du service et nous permettant d'aller jusqu'au bout de notre addiction pour ce beau produit de nos terroirs... et de compléter l'assiette avec quelques jolis fromages avant d'en arriver aux desserts!

Ris de veau au foin

Le Rognon
Quelques mignardises et desserts superbement dressés parmi lesquels une tarte au citron revisitée, entièrement reconsidérée, un exploit de pâtisserie, quelque chose d'hénaurme !...), un biscuit d'automne (splendide!... tendre, fondant, parfumé, ), un "tout à la figue" (pour suivre le rognon)... et un Baba au Rhum qui en serait presque à égaler un souvenir historique chez Gérard Côme à Noirieux... Beaux desserts, bons desserts...



Grand et beau repas suivi d'une belle promenade, le soleil nous ayant rejoints au début du repas... promenade assortie d'un cigare pour les deux amateurs... et un retour en taxi vers Strasbourg, juste à temps pour trouver le train en direction de Paris qui nous déposera Gare de l'Est, en début de soirée, tous assez heureux d'avoir profité de cette belle journée gourmande dans le parc naturel des Vosges du Nord.