Et voilà... Onze années passées rue Beethoven, exactement... Onze années de travail passionné et opiniâtre... Une puis deux... et trois étoiles depuis 2007... Pascal Barbot au Piano, touchant à la perfection, absolue, d'une précision chirurgicale, d'une inspiration toujours renouvelée, travaillant inlassablement sur les produits, les cuissons (la maîtrise est absolue) et les épices. Une précision, une harmonie, une articulation des repas qui à chaque fois, depuis onze ans... a emporté l'adhésion des convives... Pascal au Piano, sans oublier la salle, qui elle aussi a sa personnalité sous la direction de Christophe Rohat, qui orchestre avec une apparente décontraction un ballet parfaitement réglé, pour le plus grand bonheur des hôtes de l'Astrance. Un mot encore, pour le corps de ballet, Thomas bien entendu mais aussi Alexandre qui compte certainement parmi les tout meilleurs sommeliers au monde. Lorsque tout ce monde là est lancé, le repas est somptueux, l'instant d'émotion gastronomique juste hénaurme !
Même pour qui n'aurait pour le champagne qu'un intérêt limité, on trouvera ce soir d'anniversaire une jolie bouteille de Vouette et Sorbée, blanc de noir (saignée de Sorbée), magique et propre à faire réviser pas mal de considérations manichéennes sur le pétillant produit champenois. La déclinaison sera ensuite superbe, le Chardonnay côtes du Jura et même un étonnant vin Neo-Zélandais (destiné à marabouter l'équipe des All-Black dans la perspective de la finale de coupe du monde de Rugby... pas mal imaginé... mais malheureusement juste insuffisant). Vin Neo-Zélandais, pinot noir, de belle qualité, gourmand et honnêtement bien fait.
Un mot aussi sur les desserts... la tarte aux agrumes aérienne viendra en point d'orgue... mais précédée d'une composition inouïe : glace reine des champs, kaki, noix rôties confites et neige d'oseille... improbable, exquis... un nouveau dessert, énorme, est en gestation !
Un repas formidable ! Un anniversaire qui sonnait juste et nul doute que cette seconde décennie de l'Astrance commence sous des auspices prometteurs. On savait la barre haute... la voici encore un peu plus élevée et Pascal toujours souriant et même facécieux, de commenter avec enthousiasme l'inspiration qui a présidé à ce dîner éblouïssant qui a su flatter toutes les gourmandises (y compris celle qui n'ayant guère envie de tâter de l'huître y a vu susbtitué un homard en salade... si simple, so splendid !).