David Munõz est toujours aussi parfaitement cinglé et c'est rassurant... DiverXo a déménagé et le décor n'est pas moins délirant qu'il l'était à 400m de là jusqu'à l'année passée... La cuisine est toujours inspirée, compliquée, savamment mise en scène, volontiers terminée en salle voire à la table. L'équipe de salle sous la direction d'un sommelier (tout d'orange vêtu) est composée de maîtres d'hôtel (en combinaison violette) et de cuisiniers (en noir) qui réalisent un ballet fluide, incessant entre la cuisine où officient David et son équipe "centrale"; tout est dressé par le Chef, et au besoin "fini en salle" (avec livraison aussi de quelques explications sous forme de "mode d'emploi" pas toujours inutile)... les trois clochettes qui tintent fort depuis deux années sont toujours au plus haut niveau, une atmosphère de perfection règne dans ce joyeux foutoir parfaitement organisé, et chaque assiette étonne, réjouit, satisfait la gourmandise, pleinement, et les plats succèdent aux plats... le "grand menu" mérite que l'on prenne son élan d'autant que David est facétieux et en rajoute volontiers, et encore, et encore... mais c'est bon, très bon... et on n'envisage pas un passage à Madrid sans une halte à DiverXo...
Impossible de décrire un menu aussi extravagant, baptisé Xow-time, menu à tiroir comportant douze services ce qui ne veut pas dire grand chose... quand on reprend l'iconographie, on trouve vingt préparations (on dirait "plats"...) et quatre "desserts"... et on est certain d'en avoir manqué... que faut il souligner...? Tout en fait, on éliminera pour les concombrophobes le jus d'herbes et de concombres et la gauffre au concombre... (faute de goût mais une seule, est-ce vraiment critiquable...?)... Le ChabuChabu est splendide avec un Kobe-beef exceptionnel et une souplette admirable (qu'on se terminera ensuite en consommé, tiens, çà fait presque un de plus...)... Le boeuf de Kobe est somptueux... beaucoup de plats ont l'air presque simple, aucun ne l'est vraiment... les saveurs sont puissantes, affirmées, iodées, pimentées volontiers (juste comme il faut, mais sans timidité)... la déclinaison d'huîtres encerclant un manchon d'agneau de lait est une pure folie qui trouve encore dans les papilles presque épuisées, des ressources pour ne rien manquer de la fête... jusqu'aux desserts (sorbet basilic, mousse violette, et un dressage assez équivoque... un genre de FIV-dessert...), glaces, barbe à papa (pina colada), dimsums... David maîtrise absolument au plan technique, et c'est juste éblouïssant et gourmand parfaitement... et pour preuve... on a tout mangé, absolument... avec un flacon d'Hermitage CHAVE 2008 c'était un genre de repas parfait, totalement décalé, à nul autre pareil et on n'a plus qu'une envie à présent : revenir en découdre avec les cochons volants et autres papillons qui assistent David Muñoz dans son DiverXo.















