lundi 25 mai 2015

ALAIN DUCASSE - LE LOUIS XV A MONACO


Le Louis XV, son premier établissement, celui où il a gagné ses trois vraies étoiles la première signature d'Alain Ducasse, aujourd'hui Bateau Amiral de la signature Alain Ducasse, avec hier le Plaza Athénée, aujourd'hui le Meurice... Une maison d'un luxe parfaitement Rococo... Dans ces vieilles bâtisses de la place du casino de Monte Carlo qui ressemblent à des maisons en sucre d'orge des contes de Fées... Tout à l'intérieur y est impeccable, tiré au cordeau, un peu sombre et riche en velours... la tendance de l'époque pour satisfaire la clientèle Russe, Chinoise ou Emirati... Aux antipodesde la délicate épure en bois de citronnier et en Lalique de l'Arpège, ou du décor minimaliste de l'Astrance... loin aussi du luxe classique (certains diraient Bourgeois) du  style de l'Ambroisie ou du Taillevent, certes formel... à présent on se veut luxueux tout à fait mais cozy aussi, on flirte avec l'Oxymore. 



Service mieux qu'irréprochable... on est ici dans la même approche perfectionniste qu'en son temps l'Ambroisie avec Pierre Le Moullac, ou aujourd'hui le Taillevent avec Jean-Marie Ancher ou dans un style plus contemporain, Christophe Rohat à l'Astrance. Toujours est-il que chez Ducasse, à Paris comme à Monaco l'exigence est d'un service parfait, cordial et qui a l'Art et la manière de s'adapter instantanément à chaque tablée. Nous étions ici, il est vrai, amicalement "annoncés" mais dans l'ensemble le service respirait la perfection, pas un instant pesant ou pressant.


Carte courte et belle carte. L'assiette est bonne, dans un style classique, tout à fait, sans peur et sans reproche. On ne fait pas ici dans la mise en scène ni dans le modernisme à tout crin, mais l'assiette flirte avec la perfection dans l'esprit d'une cuisine rassurante plus que d'une cuisine innovante (c'est bon aussi la cuisine rassurante... Et c'est même parfois indispensable pour prendre ses repères...).


Mises en bouche séduisantes: petites ravioles de ricotta tièdes et fondantes, puis cinq petits poissons condimentés sur une pierrade (çà c'est moins convaincant, un peu à l'épate... très belle présentation en cloche vapeur que l'on ouvre avec un sourire carnassier tout en lorgnant l’œil tout ébaubi du convive dont la mâchoire pourraît s'effondrer bruyamment sur la table. Un peu discutable...


Les légumes du jardin avec un bouillon truffé... Franchement bon, et même délicieux !!! Sans réserve aucune... Des légumes parfaits, d'une juste et irréprochable cuisson... Et un jus (non non certainement pas un jus de cuisson) truffé... perfection, gourmandise... on est subitement montés dans les tours...


Pintadon à suivre... cuit à perfection (un chef d'oeuvre) avec petits pois (sur une exquise purée de petits pois) et morilles fraîches (merveilleuses) et un jus court court aux morilles... Petites pommes de terre confites et farcies du foie du pintadon... cà aussi c'était très très bon... peut être pas tout à fait novateur mais franchement bon... Duo gagnant avec un Beaune Grèves 1er cru, Jacques Prieur, 2009 parfaitement ouvert, tout en délicatesse et qui pinotait joyeusement 


Une jolie carte des vins mais inabordable tout à fait (soit une erreur stratégique soit plus probablement encore la faute aux Russes ou aux Chinois...)... nous avons tout de même trouvé un joli vin pour accompagner ce beau dîner... Et même jusqu'au dessert qui après un curieux entremet (un peu inutile... Fausse touche de modernité): granité de pomme verte et gelée de groseille à Maquereau... Sera juste un régal : fraises des bois tièdes avec leur sirop de cuisson sur une glace au mascarpone tournée minute... 


Jolies mignardises à suivre (fuits confits, fruits marinés... Kumquat farcie), quelques pralines et chocolats "signatures"... Un joli café et au total un dîner délicieux, classique à souhaits, gourmand tout à fait,  d'une cuisine rassurante, de celles qui "réconcilient avec la vie"...