mercredi 8 mai 2013

LE BARATIN - 7.5.2013


Le baratin, juché à Belleville, improbable bistrot en apparence tout à fait ordinaire est un écrin qui abrite depuis 25 ans Raquel Carena, maîtresse-femme qui cuisine juste, droit, simple et très très gourmand... "simple et brillant" comme énoncent certains commentaires (justement) enthousiastes... 


Flanquée de Philippe Pinoteau au Bar (à la cave) dont l'enthousiasme pour les vins natures est inversement proportionnel à sa considération qu'il développe à l'endroit des clients (et les choix oenologiques aussi péremptoires que discutables), Raquel procure tout là haut, dans ce bistrot de poche, une cuisine qui réjouit les visiteurs et le Baratin ne désemplit pas: ce n'est que justice rendue à cette cuisinière qui est un équivalent contemporain des Mères Lyonnaise d'antan et que visitent régulièrement ses confrères Chefs, jusques et y compris les étoilés, à la recherche d'un instant simple et gourmand.


Le choix oenologique du jour sera sous l'influence et inspirée de Philippe Pinoteau un Gevrey-Chambertin 2008 de Philippe Pacalet... droit, tendu, un brin d'agrumes à l'ouverture (assez inhabituel pour le Pinot) puis clairement griotte... un vin "de soif" diraient certains... pas un grand Pinot, mais un vin qui semble juste et bien fait. La céphalée au réveil, le lendemain de ce repas qui n'aura pas comporté d'abus oenologique amène à s'interroger sur ces fameux vins natures... et leurs effets secondaires potentiels. Mais sur l'instant, le flacon était plaisant et la main qui l'avait conçu évidemment "moderne".



L'assiette sera résolument belle et bonne, sans faute, toute simple en apparence (rien qu'en apparence) avec pour débuter une bonite de Saint-Jean de Luz marinée dans l'eau de tomate, et huile d'olive de sicile. Fondante et goûteuse, perfection des textures et des saveurs, tout en fraîcheur : une grande et belle entrée en matière.


Pour suivre, ici la Barbue sauvage poêlée au beurre de tandoori et légumes sautés, là la joue de Bœuf croustillante aux légumes, crousti-fondante, cuite à perfection et les légumes, eux aussi, splendides. Deux beaux plats de cuisine "de bistrot" comme on n'en voit plus guère et qui satisfont pleinement les papilles des convives du soir.


Et pour dessert, tout en simplicité, une mousse au chocolat amer, fine et vraiment amère, absolument juste, et une compote de fraises et rhubarbe d'une absolue perfection. Un très beau et grand repas qui appelle un match retour mais le choix œnologique se portera ailleurs que vers Pacalet.