Deuxième visite au restaurant M.B. de l'hôtel ABAMA de TENERIFE. Ce fut encore un beau et grand repas, qui fait honneur au Chef de Lasarte Oria dont on retrouve ici l'inspiration et les saveurs aussi originales que personnelles et délicates. Un second dîner donc avec pour programme une harmonisation des entrées vers les gambas rouges avec une soupe de tomate verte vanillée, tartare marin et glace de céleri ainsi que des desserts vers le thé au citron, crème glacée et croustillant de gingembre, petite salade de menthe, deux plats qui avaient suscité un si grand enthousiasme lors de notre première visite.La mise en bouche ce soir consistait en une tranche de poisson fumé, diaphane... et une fondue de parmesan... qui pourraît, dans son énoncé, évoquer quelque grand classique de l'Asrtrance... mais dont la texture est toute différente et la saveur plus "onctueuse", moins résolument parmesane. Un bel équilibre... le pressentiment que le dîner sera encore un beau moment de gourmandise partagée.
Après donc cette entrée "phare", alliant la nervosité maîtrisée de la gambas, la délicatesse du "tartare de la mer" tout en finesse et la formidable souplette de tomates vertes vanillée, viendra le choix des viandes. Et là encore viendront deux très beaux plats typiques du Chef de San Sebastian : le filet de boeuf à la braise, pâtes fraiches, champignons ettouche de crème de cèpes; et pigeon de bresse avec minestrone de veau, crème de pommes et toast de foie. Deux plats extraordinaires aux saveurs franches, affirmés (cuisine de "pata negra" dirait le Chef basque...) qui ont simplement réjoui les deux gourmands réunis, et ce, malgré quelques messages subliminaux, parasites sublimes en provenance de la rue Beethoven...
La cuisson impeccable, cuisson lente après que la viande eût été saisie à la braise permet au boeuf de conserver une texture fondante et une saveur délicate. Le dressage impeccable porte lui aussi la signature de Martin Berasategui... plats complexes et gourmands (si si...)... consensus absolu : c'est un régal !... qui mérite plus que largement la clochette attribuée par Michelin à ce bel établissement de Ténérife.
L'entremet demeure inchangé (mais toujours exquis)... et le dessert frappé au sceau du Thé Citron, s'il n'est pas chocolaté (nobody's perfect) est une vraie gourmandise, légère et parfumée, qui vient mettre un point d'orgue distingué à un vrai grand repas, que l'on ne s'attendait pas nécessairement à trouver sur l'île dont la vocation touristique n'est pas véritablement la gastronomie.
Un mot enfin pour remercier la sommellerie de la qualité de son conseil, tant le convive Français se sent désemparé devant une carte comportant pour l'essentiel des vins espagnols et canariens... après avoir discuté quelques minutes, nous serons orientés vers un Nelin Priorat (assemblant Viognier, Grenache, Roussane et Pinot noir), puissant et équilibré, qui sera le parfait compagnon de ce beau repas...