lundi 14 février 2011

11.02.2011 : TABLETTES JL NOMICOS (ROBUCHONNADE)

Le voici posé, le successeur de la table Joël Robuchon, à l'angle de la rue de la Pompe et de l'avenue Bugeaud... établissement où se sont succédés durant ces vingt dernières années, deux charcutiers-traiteurs et trois restaurateurs : Gh. Arabian, J.Robuchon dans une de ses réalisations éponymes et Jean-Louis Nomicos, en dérivée première de Lasserre, qui reprend avec une fidélité coupable le concept développé par Joël Robuchon d'une cuisine propre, gentiment industrialisée, dans un restaurant tout entier refait (à la hâte, et çà se voit), et dans une atmosphère terriblement bruyante. Comment marier avec talent une brasserie parisienne (pour les couverts, plus nombreux encore, l'ambiance bruyante et l'attente entre les plats) et la restauration de luxe (perdue quelque part entre le patronyme du Chef et un service assez hésitant mais moins cheap que sous la signature de J. Robuchon).

Un menu "club" qui inspire à la clientèle loco-régionale le sentiment confortable d'être dans un établissement de luxe, voire à connotation gastronomique affirmée, et de pouvoir satisfaire à une addition raisonnable. On évitera de principe les 37,5cl de vin de table qui sont proposés par une sommellerie irritante dans le même menu, pour préférer l'eau minérale, valeur sûre et sans effets secondaires redoutables...Rien de bien passionnant par ailleurs sur la carte des vins, des valeurs sûres, étalonnages convenus, à des prix conformes au statut revendiqué par l'établissement...


L'amuse bouche est identique à celui que servait en son temps Joël Robuchon (et qui n'a pas varié en près de dix années...), témoin d'une inspiration Robuchonienne de la part du Chef et/ou d'un personnel de cuisine bien rôdé et maintenu en place malgré le changement de direction (on aurait apprécié que ce fut à tous les sens du terme). Rien de bien émouvant à ce stade...


Ni d'ailleurs par la suite. L'oeuf parfait sur une purée de pommes de terre et "jus de bouillabaisse"... sans grand intérêt; proprement réalisé, sans plus... j'en connais qui ont mangé voici une semaine une Bouillabaisse chez Michel, aux Catalans, à Marseille et qui en ont plus à raconter sur ce grand plat Marseillais que le filet de voix insipide qui s'échappait de cette composition sans grande personnalité. Sans doute faut il y voir l'inspiration méditerranéenne dont le Chef (JL Nomicos) se pare volontiers... bref, la déception commence à être totale... rien ici ne semble promis à changer !


Pas grand chose à dire non plus sur la coquille Saint Jacques flanquée de quelques petites huîtres insipides (crues, heureusement) et de quelques copeaux de pomme Granny-Smith... évidemment ce n'est pas mauvais (il n'aurait manqué que çà)... mais on reste dans la même tonalité. Propre et net, sans émotion. Il en ira de même pour le fromage (une composition curieuse d'un caillé de chèvre et de poires) et le dessert (granité sans texture et un joli fruit rouge ...). Bref, nous restons dans le ton donné par Joel Robuchon et tout porte à penser que les convives dans l'ensemble sont ici heureux de profiter de la cuisine d'un grand chef... voire...