A suivre un plat d'une apparente simplicité aux textures et aux saveurs riches et envoûtantes, l'Onsen egg (l'anti-oeuf mollet en quelque sorte) aux truffes, avec un espuma au parmesan... une petite merveille de gourmandise, complexe d'autant que quelques herbes et racines japonaises entrent également dans la composition du "lit" sur lequel repose l'oeuf, et dont la traduction échappe passablement au visiteur occidental...
Shirako (Cod Milt) à suivre dont la texture est proprement géniale, qui requiert une précision absolue dans la cuisson et dont la structure lactée est rehaussée par une tuile de sarrasin... une splendeur. Parallèlement le pain sera servi, fait maison, parfaitement doré, croustillant, à la mie aérienne... et le beurre, baratté par le chef avec du lait de Hong-Kong (le seul beurre de HK ou presque...).
Dressage parfait pour un plat détonnant à suivre, calmar peu et parfaitement cuit (au tepan), quelques légumes crus, et une pana cotta à l'encre de seiche... un très grand plat dont la saveur n'a rien à envier au dressage.
La langoustine japonaise à suivre est une merveille, elle aussi très peu cuite, juste saisie, poivrée au poivre de Taiwan, avec un tortellini au chou (la pâte, faite maison, est aussi absolue perfection). Une mention spéciale pour le consommé de crustacés iodé-salé, maîtrisé lui aussi à perfection qui fait de ce plat en apparence tout simple, un vrai "grand plat".
A suivre l'idée la plus détonnante du repas, intitulée par le chef "surréalism"... en tous cas une petite merveille en soi : belle huître spéciale (japonaise) raidie, recouverte d'une fine tranche de Wagyu beef préalablement passée au Shabu Shabu et recouverte d'une gelée de céleri. Quelque chose d'inouï, on en redemanderait... le caractère iodé de l'huître répondant à la texture et à la tonalité fumée du Wagyu et le céleri apporte le brin d'amertume qui vient relever l'ensemble. Une petite merveille...
Le pigeon rôti mérite une mention par la perfection absolue de sa cuisson... la texture qui sait à la fois être soyeuse et juteuse... une mâche exceptionnelle, servi avec une endive confite au zeste de mandarine. On ne trouve plus les superlatifs qu'il faudrait...
Et encore... des tagliatelle (parfaits, juste géniaux) aux algues fraîches et langues d'oursins d'Hokkaïdo. Tuerie absolue. Period' dirait certain convive de qualité... Et les desserts ne seront pas en reste qui évitent les niaiseries chocolatées et autres piècemontages souvent bien ennuyeux...
Les nippons ne détestent pas l'acidité ni l'amertume. Et pour le coup, la crèpe suzette reprend des couleurs... grâce au Kumquat et le Mont-Blanc pourraît s'appeler Fuji Yama... avec une des châtaignes fines et un brin acidulées et une glace au thé Pu'er 2008. Petite merveille de gourmandise.
On connaît des triple étoilés au guide rouge qui sont loin d'atteindre tel niveau d'inspiration et de technique culinaire... à Hong-Kong, pas un triple étoilé qui puisse rivaliser dans ces deux domaines avec Hideyaki Sato... un repas inouï. Une étoile ici...? bien sincèrement on est très, mais alors très au delà...