samedi 16 janvier 2016

"TA VIE" ... UNE TABLE JUSTE HÉNAURME A HONG KONG

Ta vie est un restaurant de poche, à Hong Kong, dans le quartier "Central", le Chef, Japonais Hideyaki Sato , qui a ouvert le RyuGin de HK second restaurant du Chef Seiji Yamamoto (après celui de Tokyo, puis ensuite Taipei) fait ici des étincelles, des merveilles... une cuisine éblouïssante, d'une justesse détonante, d'une précision absolue. Les cuissons sont simplement parfaites, sur le fil du rasoir, sans erreur ni approximation aucune... il prend tous les risques et c'est juste formidable... Le service est exemplaire, tout simplicité et précision, également... et la carte des vins comporte nombre d'entrées passionnantes (volontiers Bourguignonnes, les Chefs nippons ayant un amour fou du Pinot noir et du Chardonnay), à des prix que l'on aimerait trouver sur les cartes d'étoilés dans l'hexagone... on optera au dîner pour un très joli flacon... Corton-Charlemagne 2000 de Bonneau du Martray. Et les Abalones d'ouvrir le bal... cuisson parfaite, température de service idéale... comment rendre l'Abalone fondant... 


A suivre un plat d'une apparente simplicité aux textures et aux saveurs riches et envoûtantes, l'Onsen egg (l'anti-oeuf mollet en quelque sorte) aux truffes, avec un espuma au parmesan... une petite merveille de gourmandise, complexe d'autant que quelques herbes et racines japonaises entrent également dans la composition du "lit" sur lequel repose l'oeuf, et dont la traduction échappe passablement au visiteur occidental...



Shirako (Cod Milt) à suivre dont la texture est proprement géniale, qui requiert une précision absolue dans la cuisson et dont la structure lactée est rehaussée par une tuile de sarrasin... une splendeur. Parallèlement le pain sera servi, fait maison, parfaitement doré, croustillant, à la mie aérienne... et le beurre, baratté par le chef avec du lait de Hong-Kong (le seul beurre de HK ou presque...).


Dressage parfait pour un plat détonnant à suivre, calmar peu et parfaitement cuit (au tepan), quelques légumes crus, et une pana cotta à l'encre de seiche... un très grand plat dont la saveur n'a rien à envier au dressage.


La langoustine japonaise à suivre est une merveille, elle aussi très peu cuite, juste saisie, poivrée au poivre de Taiwan, avec un tortellini au chou (la pâte, faite maison, est aussi absolue perfection). Une mention spéciale pour le consommé de crustacés iodé-salé, maîtrisé lui aussi à perfection qui fait de ce plat en apparence tout simple, un vrai "grand plat".


A suivre l'idée la plus détonnante du repas, intitulée par le chef "surréalism"... en tous cas une petite merveille en soi : belle huître spéciale (japonaise) raidie, recouverte d'une fine tranche de Wagyu beef préalablement passée au Shabu Shabu et recouverte d'une gelée de céleri. Quelque chose d'inouï, on en redemanderait... le caractère iodé de l'huître répondant à la texture et à la tonalité fumée du Wagyu et le céleri apporte le brin d'amertume qui vient relever l'ensemble. Une petite merveille...


Le pigeon rôti mérite une mention par la perfection absolue de sa cuisson... la texture qui sait à la fois être soyeuse et juteuse... une mâche exceptionnelle, servi avec une endive confite au zeste de mandarine. On ne trouve plus les superlatifs qu'il faudrait...


Et encore... des tagliatelle (parfaits, juste géniaux) aux algues fraîches et langues d'oursins d'Hokkaïdo. Tuerie absolue. Period' dirait certain convive de qualité... Et les desserts ne seront pas en reste qui évitent les niaiseries chocolatées et autres piècemontages souvent bien ennuyeux...


Les nippons ne détestent pas l'acidité ni l'amertume. Et pour le coup, la crèpe suzette reprend des couleurs... grâce au Kumquat et le Mont-Blanc pourraît s'appeler Fuji Yama... avec une des châtaignes fines et un brin acidulées et une glace au thé Pu'er 2008. Petite merveille de gourmandise.


On connaît des triple étoilés au guide rouge qui sont loin d'atteindre tel niveau d'inspiration et de technique culinaire... à Hong-Kong, pas un triple étoilé qui puisse rivaliser dans ces deux domaines avec Hideyaki Sato... un repas inouï. Une étoile ici...? bien sincèrement on est très, mais alors très au delà...