dimanche 17 janvier 2016

GUO FU LOU à HONG KONG



                  ...La cuisine Cantonaise est en soi une expérience qui en requiert un peu, de l'expérience, mais aussi... de la confiance, et se départir de certains oripeaux occidentaux qui pourraient confondre toutes les cuisines asiatiques qui ne sont pas plus identiques entre elles que le sont la cuisine Française, la cuisine Italienne et (pourquoi pas...) la cuisine Britannique... Apprécier, juger du bien fondé du "michelin star-rating" d'un restaurant Cantonais relève du non sens pour un occidental qui a toujours fait montre d'une réserve certaine à l'endroit de la cuisine "chinoise"... faire l'expérience d'un repas Cantonais "de haut niveau" en qualité d'hôte d'une personnalité locale à la culture gastronomique établie est un challenge... et ce dîner partagé dans une ambiance familiale et autour d'une discussion sur les grandes tables et les grands chefs tout autour di monde a été un grand moment... dont la seule vraie ombre au tableau n'a été que confirmation... il ne faut pas manger d'oeuf de cent ans... 


Le cochon de lait rôti est une splendeur qui fait (justement) la réputation de cette maison, croustifondant, parfumé, délicat, une petite merveille de gourmandise pour ouvrir le bal, la viande viendra après la peau, qui est également délicate et parfumée et à suivre un bouillon délicat, parfumé aussi, que l'on viendrait pour un rien trouver un peu court... Cà c'est un beau plat, une sacrée belle ouverture... 

L'oeuf de cent ans
à suivre, un poisson pané, qui n'appelle aucun commentaire ou critiques particuliers, servi avec une sauce aigre douce, un brin surcuit. C'est là qu'apparaît l'oeuf de cent ans, délicatement gélifié, malodorant absolument, par chance non ammoniacal (on en croise de redoutables sur les marchés). Je confirme, c'est à peu près immangeable pour un palais occidental. 


Jolis pigeons rôtis à suivre, pousses de bambous, et un formidable crabe, tout décortiqué, chair d'une extrême finesse, un délice. Texture et saveur irréprochables... riz gluant et volaille... la faim commence à quitter tous les convives...


Et enfin à la case dessert, quelques curiosités (un sponge cake assez insipide, une pana cotta au Tofu et un soufflé/beignet splendide, délicat, fondant... on en reprend sans faim, pour le plaisir... Impossible donc de donner un commentaire réellement éclairé sur ce repas, mais ce qui est clair c'est que le cochon de lait était exquis, le crabe aussi et le dessert façon street-food (d'autrefois ajoutera-t-on) splendide... et aussi que l'oeuf de cent ans malgré le gingembre qui l'accompagne c'est NON.