samedi 1 septembre 2012

VICHY - LE N3

Aller à Vichy peut être une idée gastronomiquement discutable surtout lorsque la maison Decoret est fermée (c'est souvent le cas dans notre expérience)... une précédente visite nous avait fait apprécier cependant le restaurant N3 du Sofitel (l'établissement était à l'époque relié au groupe ACCOR ce qui n'est plus aujourd'hui le cas). Aller à Vichy reposait donc sur une hypothèse de repos et sur les souvenirs assez plaisants de cet établissement où nous avions dîné agréablement dans le parc de l'hôtel, d'une cuisine assez bien construite et gourmande.


Nous avons passablement déchanté... le N3 n'arrive même plus à être l'ombre de ce qu'il a pu être... la cuisine y est non seulement prétentieuse et sans intérêt mais les matières premières et la mise en place sont proprement inacceptables (crustacés et poissons à l'évidence congelés, viandes surcuites et sans intérêt, dressages prétentieux, inutilement chargés...). 


Impossible même de se rabattre sur la carte des vins qui est construite de bric et de broc, sans aucune cohérence (une seule entrée d'Alsace : un Gewurtztraminer V.T...., un seul Sancerre (Anthéa, D. Reverdy) où le sauvignon s'efface derrière des fragrances exotiques (banane, fruit de la passion) et sans expression du terroir... un Meursault Charmes (domaine Michelot) où l'on a bien du mal à retrouver un brin de Chardonnay, en tous cas rien qui orienterait vers ce grand terroir... des "Grands Crus" enfin, à des prix attractifs (mais dont on doit se demander comment ils ont atterris ici, et quelles auront été leurs conditions de conservation...).


Pas un succès donc... une langoustine (décongelée et) grillée flanquée de deux chips d'artichauts en mise en bouche... puis en entrée (si si...) un pigeon rôti (qui a peu à envier à ses congénères de la place Saint-Marc)... dont il vaut mieux ignorer le Pedigree... quelques petites carottes (Vichy, forcément...) et le tour est joué. "Vous avez apprécié ...?"... no comment... Juste sans intérêt... mais certainement ni cuisine, ni gastronomique. Simplement prétentieux.


Quant à l'Omble Chevalier qui suivra, il était tout simplement nul... Nous savions qu'il n'y avait pratiquement plus d'Ombles... d'où pouvaient donc bien venir ces poissons...? Peut-être d'Europe centrale, cousin du Fogash... Dressage façon Master Chef (première semaine) : langues de tomates, purée de pommes de terres compacte (quelques leçons à prendre avec J.Robuchon)... et de petits morceaux d'anguille fumée émiettés sur l'ensemble. Un plat qui se veut très compliqué; juste sans intérêt au final.


Fromages décevants (quand ils nous avaient ravis lors du précédent passage)... Desserts de cafeteria (Hearty-Choke pour le fondant au chocolat qui ne fondait pas...)... Bref, le changement ici aussi c'est maintenant et un seul repas suffira... nous irons ailleurs prendre les deux autres dîners de ce séjour Vichyssois.


Quant au service, à l'avenant, il se passe de tout commentaire...