L'Ontario offre des perspectives gastronomiques assez surprenantes et une fois passée la misérable et prévisible expérience d'un repas pris au Hilton Airport, après avoir gagné Toronto downtown et pris ses quartiers au Park-Hyatt (un établissement de qualité, en bonne adéquation avec le standard haut situé de l'ensemble des hôtels de ce nom), après avoir erré dans le Shopping Area à la recherche d'une cravate et après avoir récupéré une certaine casquette de baseball… samedi midi : Brunch Time ! Et l'hôtel propose une brunch annoncé gastronomique (appliquant la formule établie du "on n'est jamais si bien servi que par soi même")…
Le démarrage dudit Brunch par un pain, Foccacia dans l'esprit, fourré d'un fromage de chèvre frais et servi avec de l'huile d'olive semble annoncer un retour à la civilisation (pour autant que l'on considère –ce qui est mon cas- que le Dry Martini est un forme de civilisation… mais le Canada ignore à l'évidence le secret qui rend ce cocktail cristallin et percutant, de l'autre côté des Niagara Falls…). Donc un Martini assez insipide (et suralimenté en olives)… et arrivée d'une jolie tarte fine feuilletée aux tomates et oignons confits, fromage de chèvre frais et vinaigre balsamique. Pas vraiment un exemple d'équilibre mais une assez jolie réalisation, optiquement gourmande mais qui gagnerait à une plus juste cuisson de la pâte feuilletée et à un brin de simplification. Mais tout de même… plutôt bon.
La vraie surprise viendra du choix suivant… après quelque hésitation, entre le conventional breakfast (ai-je vraiment envie d'œufs au plat au bacon… ?), le club sandwich (qui a l'air très solide, mais sans fantaisie) … on va choisir plutôt une spécialité locale : Lobster sandwich. Cà c'est du sandwich… dans une brioche suralimentée en beurre, la langouste (c'en est bien) et du « cheddar vieux » fondu (ou gratiné, ou peut être bien les deux…) : admirablement indigeste, pas vraiment insipide (çà aurait pu l'être sans nuire à l'expérience) et heureusement accompagné d'une souplette insipide (elle) à la tomate. Une expérience gastronomique dont on peut raisonnablement se passer et l'on en vient à regretter les œufs sur le plat… pas de dessert mais un (très bon) cappucino et le tour est joué.
Il n'y a plus que quelques heures à patienter avant l'expérience steakhouse (on appréhende un peu… et dire qu'il y a Morton's of Chicago dans l'Hôtel…) .Pendant ce temps là certains la jouent "gagnant" chez Yen... "bonne pioche"...