vendredi 23 novembre 2012

GROUSE PARTY AT THE R.A.C.

Quatre furieux réunis à Londres, au Royal Automobile Club, pour sacrifier au restaurant « Great Gallery » au rite de la Grouse, ici préparée et service tout en simplicité, rôtie « medium-rare » comme il convient, servie « off the bone », servie au guéridon ce qui n’est pas une mince affaire lorsqu’il s’agit d’en découper quatre… et accompagnée de gravy, de sauce au pain, de mie de pain dorée… bref, un beau moment de gourmandise, dans une grande salle improbable, avec un service impeccable depuis la sommellerie bonhomme et complice jusqu’au découpage chirurgical des grouses, en passant par la préparation (encore au guéridon) du saumon sauvage… Bref, voilà le menu dressé à rebours…



 Arrivée donc au R.A.C. et rapide verre au Bar en prélude à l’entrée dans cette grande salle de restaurant à la décoration de salle de bal XVIII°… et de construire ensuite un menu simple et tout à fait univoque pour l’ensemble de la table : Saumon sauvage fumé, grouse rôtie et fromages britanniques. Simple et délicieux, flattant la gourmandise, absolument… et accompagné de jolis vins car le livre de cave au déjeuner est curieusement plus attrayant que celui qui est proposé au dîner. Et l’on y trouvera tout à fait ce qu’il convient pour accompagner ce déjeuner : pour débuter un Pinot Blanc 2008 de chez Trimbach, fin, droit et parfumé, compagnon idéal du saumon fumé (et certains y reviendront à l’heure du fromage avec Stilton et Shropshire Blue…). Et pour suivre, en compagnon de ripaille avec la grouse : le Côte Rôtie 2005 de René Rostaing qui fait avec le coq de Bruyère un match parfait… de l’un ni de l’autre il ne restera goutte à l’issue du repas.


Saumon d’Ecosse donc, saumon sauvage… fumé jusque ce qu’il faut, découpé avec élégance et précision au guéridon, servi avec quelques petits blinis (finalement inutiles), la cuiller de crème qui va bien, les échalotes hachées et les câpres, petits, fermes et moëlleux… un saumon exceptionnel, d’une texture de velours, à la fumure délicate, et il serait même question de tenter d’en rapatrier quelques spécimens vers le continent (affaire à suivre pour un dîné « iodé » au programme des semaines à venir…).


A venir : les quatre grouses. Superbes coqs de Bruyère venus d’Ecosse pour atterrir dans nos assiettes, rôtis à point (medium-rare), savamment découpés (cuttin’ contest entre deux maîtres d’Hôtel… joli moment de technique chirurgicale appliquée à la gastronomie), et servis en toute simplicité, comme le veut la tradition avec sauce (gravy), sauce au pain et mie de pain dorée… un grand plat qui fait appel à une matière première d’exception et à un vrai savoir-faire de rôtisseur en cuisine. Nous étions venus pour « La Grouse »… et il semble que les convives n’aient pas été déçus…



Impasse sur le dessert (assez généralement roborratif et inintéressant au Royaume Uni) et un choix délibéré vers les fromages : délicieux et qui n’ont rien à envier à nos fromages Français quoiqu’en pensent la majorité de nos compatriotes. Un très beau plateau donc avec les vedettes que sont toujours Shropshire Blue et Stilton, mais aussi un splendide Chèvre frais Gallois et un beau Cheddar fermier très affiné… quelques fruits (figue, raisins)… et le tour est joué qui se terminera pour deux addict notoires par quelques gouttes de Chartreuse verte. Un très beau déjeuner, vraiment… « Ordonnance à Renouveler » : We’ll be back et si cette « Grouse Party » est depuis plusieurs années institutionnalisée pour deux des convives, tout porte à penser que le nombre s’en trouvera augmenté pour les années à venir…