jeudi 23 février 2012

UN ETOURDISSANT DINER AU JEU DE QUILLES

Le "Jeu de quilles", rue Boulard, petit restaurant, presque bistrot, mitoyen de la fameuse boucherie d'Hugo Desnoyer, restaurant de poche sous l'autorité duale de Benoit Reix au piano et Guillaume Clauss à la sommellerie et au service : un endroit gourmand où la cuisine est juste, délicieuse, épurée mais surtout gourmande, terriblement, sans oubli des grandes saveurs qui font la gloire de la cuisine Française. Il faut visiter le Jeu de Quilles : absolument !



Un dîner organisé par le voisin, gourmand, gourmet Hugo... avec la complicité de quelques uns qui savent ce que bien manger veut dire (et bien boire aussi...)... dîner autour de volatiles aux longs becs, non identifiés; dîner d'une incroyable générosité (deux oiseaux par convive), dîner d'amis, joyeux prétexte pour une impressionnante horizontale de côtes du Rhône 1998 parmi lesquels le seigneur d'entre tous, Rayas en blanc comme en rouge dépassant l'ensemble de la tête et des épaules,  mais encore un formidable Pignan, un Bois-Renard aux tonalités animales, un Vieux-Télégraphe égal à lui même (décevant) et quelques quatorze flacons d'anthologie qui ont fait danser la (longue) soirée durant les papilles des gourmets réunis. Une grande expérience oenologique donc que les plus braves poursuivront avec un Armagnac ou un Cognac... en tous cas un cigare... Grande et Belle soirée...

Et dans l'assiette, grands moments aussi !... une souplette aux potimarrons avec du boudin de cochon noir de Bigorre (splendide de simplicité et de justesse), des huîtres aux truffes (là c'est critiquable, frais et parfumé mais carrément inutile. Huître ou Truffe, il eût fallu choisir)... Et pour rester dans la tonalité truffière, un carpaccio de veau aux truffes et salade de roquette : là c'est un succès absolu ! Un régal... suivi d'un autre plat exquis-délicieux : petite assiette de lentilles (d'une cuisson impeccable, fermes comme il faut, juste assez ... pas trop...) avec une ventrèche de chinchard... tous s'en régaleront !... Pour un rien en redemanderaient mais il reste encore du chemin...






Quand arrivera le petit consommé iodé (crustacés) avec quelques crevettes... qui fera le prélude au plat fédérateur, Phare de la soirée : deux volatiles à longs becs par convive, de préparation classique, traditionnelle, délicieusement allongés sur leur rôtie et flanqués de quelques truffes... une merveille ! Tous termineront vaillamment leur assiette et ne rechigneront pas ensuite sur le fromage (un formidable Morbier et un Saint-Nectaire d'Anthologie), prélude à un mille-feuille aux fraises des bois (si si...) arrosé pour certains d'un coup de Beaujolais (Côtes du Py, beau produit mais difficile à placer après Rayas 1998...).


Un dîner splendidement orchestré par Benoît, avec la complicité d'Hugo et quelques amis dont la cave détenait des trésors... Le Jeu de Quilles : 45 rue Boulard à Paris 14ème ... Bravo Benoît, Bravo Guillaume et Merci les Amis !