samedi 12 novembre 2011

TAMARIND - LONDRES le 9.11.2011



London, Mayfair... dîner Pakistanais. Bel établissement quoique (très) bruyant, affichant fièrement une clochette au Guide Michelin, étoile que l'on peut discuter à l'envi tant  cette cuisine est difficile à apprécier dans sa dimension créatrice, les papilles rapidement émoussées (qui n'en ont pas l'habitude) par le piment, les sens un peu déstabilisés par ces saveurs et textures... et une articulation de repas sommes toutes assez déroutante. Un très bon repas cependant, pour lequel les cuisines auraient pris soin (à notre demande) de mesurer l'usage du piment (il fallait bien çà, mais très honnêtement, c'était supportable, friand même au début, un peu cumulatif tout au long du repas, sans conséquence au lendemain...).


Nann (Cheese and Olive)
Sommellerie de qualité, service impeccable et appréciable pour naviguer sur une carte et à travers un menu passablement exotiques pour les deux convives
réunis autour de la table. La carte des vins est assez riche, en crus Français et étrangers, comportant quelques belles références et le conseil est de qualité, le sommelier amenant à un choix simple, vers un côtes du Rhône blanc, qui sera le bon compagnon de cette expérience exotique (pas forcément destinée à un mariage oenologique harmonieux, en tous cas pas avec un Grand Cru).


Trois entrées
Volaille - Monkfish - Kebab d'agneau
Parcourir la carte est ici un exercice très au dessus des moyens du convive ordinaire, un peu borné à la cuisine Européenne pour ne pas dire à la cuisine Française et italienne (avec une Ibère exception)... difficile donc et force est de se retourner vers un menu qui semble bien construit, avec quelques choix alternatifs... qui ne sont pas alternatifs ce qui va transformer ce dîner en expérience pantagruélique... que nous n'honorerons que partiellement faute d'un suffisant appétit. Mais tout aura été goûté, et la curiosité satisfaite, pleinement...


Les choses sérieuses... et épicées !
Difficile de commenter simplement des sensations gustatives tellement inhabituelles et une maîtrise honnêtement impressionnante des piments. Un mot en préambule sur les cuissons qui sont impeccables, ce qui témoigne à l'évidence de cuisines qui en sont, des vraies, avec -aux manettes- une exigence de précision qui honore l'établissement et justifie probablement l'étoile. Qu'il s'agisse de la volaille, de la lotte ou du Kebab d'agneau, du ragoût d'agneau ou des légumes (un riz basmati au cumin, une merveille...), les cuissons sont irréprochables et la chair presque confite, fondante. La préférence aura clairement été aux volailles (en entrée, le poisson et le kebab étaient d'égale qualité). Difficile d'organiser ensuite la dégustation du plat... lentilles jaunes aux tomates, piment et ail; pommes de terre nouvelles sautées au cumin; Gombos à l'ail et au piment... agneau en ragout aux piments et tomates, poulet aux trois piments (exquis et joliment pimenté), riz basmati... tout ceci est difficile à combiner pour qui ne connaît pas la règle du genre. On aura donc fait une presque impasse sur les pommes de terre (jugées un peu fades), les lentilles jaunes (trop proches d'une soupe et assez fades aussi)et sur les gombos (pas vraiment mon genre...).


Le poulet, une incontestable réussite
piments- oignons - tomates - coriandre écrasée
Pommes de terre au cumin , piment et coriandre
Desserts inexistants (glace vanille et "Baba pas au rhum"... sans intérêt) et sommellerie intéressante quant à l'échange aboutissant à un côte du Rhône générique, blanc, qui semble avoir été un bon choix avec une cuisine aussi puissante et exigente pour les papilles... Une expérience intéressante, qu'il convient de relativiser toutefois quant à l'étoile généreusement dispensée par le Guide rouge... et que l'on peut discuter (pour autant qu'on s'entende... ce qui est difficile, très difficile au Tamarind)...


Poor Larranaga