lundi 28 avril 2014

MARIUS AUX POISSONS...

Ce restaurant du boulevard Murat est un "institutionnel du poisson", et plusieurs générations se sont succédées pour venir ici se régaler de poissons en croûte de sel, de petit tourteau tout décortiqué ou d'une simple friture d'éperlans avec une sauce tartare exquise... la carte n'a pas bougé depuis une trentaine d'années que la famille Grandjean tient à bout de bras ce Bastion dédié aux poissons, à deux pas du parc des Princes : Marius est sans doute un des établissements de référence en matière de cuisine de la mer, dans son acception la plus classique. La carte des vins est immuable au sein de laquelle il faut rester simple (un sancerre ou un cassis blanc seront bienvenus) et dans le choix des plats, il ne faut pas non plus chercher ici une cuisine novatrice, des cuissons précises (c'est dommage) mais plutôt se réserver le plaisir canaille d'une raie au beurre noir (ils peuvent faire si on le demande vraiment "au beurre noir"...), la friture d'éperlans ou des calamars frits ou à l'ail et au persil. Rien de révolutionnaire mais le plaisir d'un joli déjeuner de poissons, un service qui s'est amélioré (ce qui n'est pas dommage), le sourire de Mme Grandjean et l'enthousiasme communicatif de François dit Fanfan, qui connait son affaire...!


Le repas se déroule dans une ambiance que certains pourront trouver surannée, dans un restaurant comme ils étaient dans les années cinquante, les tables un peu rapprochées, le plafond un peu bas et l'atmosphère voûtée... la cuisine envoie avec brio (car la maison peut traiter un grand nombre de convives à présent qu'elle s'est étendue en terrasse couverte, chauffée l'hiver)... et les desserts chauds viennent fédérer les convives autour de grands classiques parfaitement maîtrisés : soufflé au grand marnier, ou la formidable tarte fine aux pommes, caramélisée...

Peut-être aujourd'hui faut-il montrer quelque réserve sur le bar ou la daurade en croûte de sel qui demeure un "incontournable" des inconditionnels du contrôle calorique... la cuisson n'est pas toujours d'une précision horlogère et on a le sentiment confus que l'ensemble n'est plus tout à fait défendable. La sole meunière par contre demeure une valeur sûre dont la cuisson est impeccable... l'impression globale demeure en demi-teinte, pour autant, nous reviendrons, c'est certain car Marius demeure une institution, on y est bien reçus et pour autant que l'on sache opérer un choix de gourmandise, sans tenter d'y espérer une révolution culinaire, on prend ici grand plaisir un peut à la façon de la Madeleine...