Un grand week-end dans le Médoc, sur le site du Golf du Médoc au Pian-Medoc (deux splendides parcours parfaitement préparés, juste comme il faut pour briser le moral d'un golfeur...)... et du point de vue de la table, trois expériences successives, de tonalité toute différente les unes des autres : la table du Médoc, tout en simplicité (et en compagnie de grands crus Médocains), le café Lavinal à Cazes-City (i.e. Pauillac phagocyté de Cordeillans au Café Lavinal par JM.Cazes), et enfin, à Bordeaux, au milieu du quartier piéton, à quelques mètres de la rue Sainte-Catherine, Miles qui défraie à juste titre la blogosphère gastronomique.
Sur la table du Médoc, peu de choses à dire sinon que l'on y mange simple et bon (malgré l'absence cruelle d'une côte de bœuf de 900g que nous avions déjà expérimentée au cours d'un précédent séjour, et qui ne peut se comparer à la misérable entrecôte de substitution...)... simple et bon mais en compagnie des grands crus du Médoc, la carte des vins étant remplacée par la visite de la vinocave qui ne manque pas de belles voire très belles références et ce soir, nous aurons choisi un Pichon-Longueville Baron 2004 qui fera un bel accord avec un foie gras de belle facture et la fameuse entrecôte de substitution... un bon moment malgré un brin de déception d'avoir manqué la côte de boeuf !
L'arrivée à Pauillac est toujours un beau moment de promenade à travers le vignoble du Médoc et la route de Margaux à Pauillac est un enchantement pour l'amateur de vins de Bordeaux. La succession de grands crus (ou de vins réputés plus modestes à Saint Julien mais que l'amateur inconditionnel des vins de la rive gauche ne boude pas, bien au contraire, de Beychevelle à Leoville Las Cases en passant par les vins de la maison Barton (Léoville et Langoa)... un salut à Branaire, un salut à Ducru Beaucaillou... un vrai bonheur pour le gourmand et l'on retrouvera à table, quelques minutes plus tard une bouteille de Gloria 2007, tout en harmonie avec des oeufs en Meurette (clin d’œil Bourguignon) et des aiguillettes de canard aux fruits rouge... un café gourmand pantagruélique pour clore l'affaire... et un joli dîner tout en simplicité gourmande... le Café Lavinal vaut vraiment d'être le point d'orgue d'une petite promenade en reconnaissance le long des vignobles de l'Aristocratie médocaine, mieux que Cordeillan-Bages qui jamais ne nous a vraiment convaincus (sinon sur les coefficients multiplicateurs des vins, proprement vertigineux).
Et enfin la grande et belle surprise gourmande au beau milieu de Bordeaux: Miles, restaurant de poche, conçu par deux couples de Chefs issus de la même promotion de l'école Ferrandi (2006) dont deux sont d'anciens de la rue Beethoven (dont la première à avoir individualisé le poste de patissière à l'Astrance). Réservation obligée... ambiance cordiale, souriante, la cuisine se réalisant derrière le bar sous l’œil des hôtes d'un soir... ou sur deux ou trois petites tables dans cet endroit confidentiel qui ne le demeurera pas... tout prête à penser qu'il sera bientôt aussi difficile de réserver une table rue de la Cancera que çà peut l'être rue Beethoven ou rue Sauval.
Alors disons le, à l'anglaise : "Brilliant"... ce qui témoigne du plaisir jubilatoire d'un dîner sans reproche, à la cuisine contemporaine, parfaitement maîtrisée jusqu'au dressage, très originale mais sans idée farfelue gratuite, et avec un tempo impeccable, irréprochable. L'ensemble force l'admiration... et à cette heure c'est probablement la meilleure affaire gastronomique de toute la Gironde sinon de l'hexagone. Le seul (micro)reproche concernerait la carte des vins qui est perfectible encore que l'on y trouve des entrées inhabituelles comme un Riesling Trocken 2013 Rheinhessen (Weingut S.Sander) qui fera un mariage très harmonieux avec les trois premiers plats... le vin de Sardaigne choisi ensuite pour accompagner le veau est moins convaincant et là, un Bordeaux aurait pu venir épauler ce très grand plat...
Un menu ébouriffant donc, même pas peur : directement dans la cour des Grands : inspiration, maîtrise des saveurs et des cuissons, dressage impeccable... un genre de rêve gourmand :
Un repas formidable... qui appelle un match retour à la première occasion, au prochain passage à Bordeaux ou au Pian-Médoc ! Bravo... c'était un régal... on n'avait plus vu çà à Bordeaux depuis le départ de Michel Portos pour Marseille.
Un menu ébouriffant donc, même pas peur : directement dans la cour des Grands : inspiration, maîtrise des saveurs et des cuissons, dressage impeccable... un genre de rêve gourmand :
œuf Parfait, Asperges - confiture de nori et chips de nori;
émulsion de riz grillé.
Maquereau mariné fumé, graines de sarrazin torréfiées.
Huile de poireau - graines de moutarde et salade de betteraves.
Lotte cuite à basse température, tagliatelle
de carotte, purée de petits pois et gingembre, capucine fleur, champignons et
émulsion safran-cardamome
Quasi de Veau émulsion beurre citron et cumin,
condiment citron vert
sur un lit de blettes au jus de veau.
Fraises Mara des bois, granité d'oseille,
glace chocolat blanc et Fromage de chèvre, crumble.
Un repas formidable... qui appelle un match retour à la première occasion, au prochain passage à Bordeaux ou au Pian-Médoc ! Bravo... c'était un régal... on n'avait plus vu çà à Bordeaux depuis le départ de Michel Portos pour Marseille.







