lundi 28 juin 2010

16 Juin : La Table Joël Robuchon

La table de Joël Robuchon caracole encore et toujours au Michelin avec ses deux étoiles, en souvenir de l'inspiration et de la créativité du Chef éponyme dont la carrière autrefois artistique se poursuit aujourd'hui au travers une perspective industrielle multipliant les sites et créant une carte néo-gastronomique, "facile à réaliser - facile à dresser" et dont l'émotion papillaire, la créativité et la subtilité ne peuvent raisonnablement motiver deux étoiles.  On l'avait compris depuis bien longtemps... c'est là un établissement "poudre aux yeux", mais rien ici ne se rapproche de ce qu'un Chef présent aux cuisines, encadrant avec exigence une brigade digne de deux étoiles, doit produire pour briguer une telle récompense. Ici aucune inspiration mais une assiette convenable (il ne manquerait plus que ce ne soit pas bon...) et à un prix qui, après avoir longtemps été la valeur ajoutée de l'établissement, commence à déraper sérieusement


Le "bouillon de poule" aux fines ravioles au foie gras est sans émotion particulière, juste bon, léger et parfumé comme un consommé doit l'être. Les ravioles sont assez inconsistantes mais réussissent à ne pas troubler la dégustation du bouillon... Le ris de veau rôti, piqué d'une branche de thym, et flanqué de la "fameuse purée de pommes de terres" façon Joël Robuchon est juste bon, cuit à point. Il gagnerait à être dressé avec un peu d'élégance, et surtout accompagné avec un peu plus d'inspiration. Certes comme certain restaurateur Tourangeot aimait à le rappeler "avant Joël Robuchon, on ne savait pas faire la purée, heureusement il y a eu Joël Robuchon..." mais on pourrait raisonnablement, pour se hisser à hauteur d'une étoile méritée, imaginer dresser quelques légumes alternatifs, car à la longue il faut oser l'écrire : la purée, fut-elle celle de Joël Robuchon : "çà lasse"...


Les desserts demeurent amusants, volontiers meringués, servis dans une vaisselle néo contemporaine, volontiers en plexiglas... et là aussi... à la longue... le plexiglas vieillit, mal... et les deux étoiles sont pâlichonnes... servies par un personnel indigent autant qu'indifférent... dans une atmosphère bruyante et sombre... Le moment ne tient plus dès lors que par la qualité des convives. Inutile de vouloir boire pour oublier... la carte des vins est inexistante, les références énoncées pompeusement par un sommelier fantoche ne peuvent susciter la gourmandise... on est encore une fois déçus par l'assiette... ce n'est évidemment pas mauvais mais on est loin, très loin... de deux étoiles et aujourd'hui même d'une étoile !