lundi 2 novembre 2009

31.10.2009 ROYE - LA FLAMICHE

Après une journée Morfontilienne hors pair, sur un parcours d'exception, en parfaite condition et sous des auspices météorologiques inespérés en cette veille de Toussaint... après un déjeuner frappé au sceau de la Morteau et des lentilles réunies (pour mieux affronter le parcours)... une escapade Nordiste, à Roye, à l'Auberge de la Flamiche, face au Beffroi. Belle expérience.

L'établissement sis place du Beffroi est joliment meublé (mais l'on peut raisonnablement discuter l'exposition de peinture en cours lors de notre visite, déclinaison de poissons bleus et gris assortis de quelques clés à sardines et autres couverts, d'une teneur artistique au moins incertaine). L'agencement des tables permet de n'avoir pas l'impression de dîner les uns sur les autres.

L'Assiette justifie pleinement la clochette dont le Guide Michelin dote l'établissement. Le démarrage est un peu lent. L'amuse-bouche (emblématique du Nord ? moules rafraîchies à la crème...) est gustativement discutable. Le premier plat, très joliment présenté, amorce le repas. Il apparaît un peu trop compliqué dans sa conception, et à notre sens un peu critiquable. "Effiloché de tourteau en coque de fenouil, anchoïade de figues de soliès, émulsion glacée aux cocos de paimpol". C'est esthétiquement réussi mais l'ensemble justement ne sonne pas en harmonie gustative (ni d'ailleurs en matière de consistance). Le fenouil est par trop ferme et présent, l'anchoïade de texture et de goût incertains et le tourteau un peu sec.




Les choses sérieuses arrivent dès le second plat : les Coquilles Saint Jacques accompagnées d'une poêlée de Ceps et d'un jus au vin jaune viennent pleinement satisfaire les papilles des quatre gourmands réunis ce soir là à table... Cette "suggestion du jour" méritait à elle seule cette escapade Nordiste.





Viendra ensuite, parfaitement cuit un ris de veau accompagné d'une étuvée d'endives et "elstars du santerre" (petites pommes acides et douces) au vin jaune, qui sera, lui aussi une vraie gourmandise, propre à réjouir l'ensemble de la table.

Les desserts aussi, ont su flatter la gourmandise de tous, (malgré l'absence de fève de cacao...) Le soufflé renversé au pain d'épice avec une glace à la noix fraîche n'appelle aucune critique, et de commentaires que superlatifs. Les petits desserts annexes (on ne peut parler ici de "mignardises") ont également été très appréciés de l'ensemble de la tablée.


Critique par contre pour ce qui concerne les vins. La carte ne laisse guère de place au rêve. Dans l'ensemble, elle ne témoigne pas d'un grand intérêt (au moins de la part de la clientèle) pour le jus de treille. On y trouvera toutefois un improbable Château Grillet 1999 de belle facture (bien qu'il soit antérieur à la reprise en mains du domaine par Denis Dubourdieu) qui fera très bon ménage avec les Ceps... et un Château Haut-Marbuzet 2006, très beau produit que tous connaissons bien... mais qui ferait probablement mieux d'attendre en cave, quelques (longues) années encore.

La conception de la carte mérite une touche critique enfin : elle gagnerait en lisibilité à être simplifiée, avec une douzaine de références que le Chef (M.C. Borck-Klopp) réalise régulièrement et qui sont le fonds de l'établissement, charge ensuite au Maître d'Hôtel de décliner à la table les suggestions du jour "en plus de la carte (et des menus)"... place faite pour l'inspiration du jour. Le service est jeune et un peu hésitant mais franchement sympathique et résolument appliqué. L'impression au total est franchement bonne en sorte qu'au sortir de ce dîner, tous comptons bien revenir d'ici quelques mois, à l'occasion d'une nouvelle virée Nordiste.