Épatants ces déserteurs ! Transfuges du Sergent Recruteur... un restaurant improbable, restaurant de poche niché dans ce 11° arrondissement dans lequel tant et plus de nouvelles tables s'ouvrent, s'engouffrant dans la brèche de Septime... La salle est dirigée de main de maître, en solo (un exploit) par Alexandre Ceret qui sait de quoi il parle lorsqu'il attaque sur le rayon des vins (il connaît les vins de Jerez, Finos et autres Amontillados... il a des merveilles en cave...)... un service chaleureux, complice, parfaitement en place... et "au piano", Daniel Baratier fait des merveilles, en toute apparente simplicité mais que c'est juste et que c'est bon !... Juste délicieux, parfaitement balancé... timing irréprochable et gourmandise de l'entrée à la pâtisserie.
Un dîner splendide, accompagné d'un très joli Saint-Aubin de PY-Colin Moret (et quelques digressions vers le terroir de Jerez dont un Amontillado de 30 ans, qui fera avec la Grouse un accord tonitruant)... Belle carte des vins qui s'est largement et joliment enrichie ces dernières semaines... promenade à travers les terroirs Français mais aussi vers nos voisins, Espagnols, Allemands et Italiens, et tout en justesse et mesure pour ce qui est des entrées... jolie promenade œnologique.
Ouverture par des tomates collection (du Jardin de Marie nous dit-on), avec un aigre doux au chèvrefeuille et quelques fleurs sauvages. Simple, bel équilibre, fondant, tout en gourmandise, juste bien, l'appétit s'ouvre (une petite mention pour le pain, exquis...)... Puis l'oeuf poché, sur un nid de spaghettis de courges et un sabayon de Mélilot (qui exprime une saveur qui rappelle la fève de Tonka)... un grand plat, avec quelques petits croustillants de pain qui procurent un bel équilibre global de texture à l'ensemble. Simplement délicieux.
Au chapitre des "choses sérieuses"... impossible de résister à la Grouse (cuite à perfection) avec Shizo, pourpier d'été et une crème de Maïs qui vient tempérer l'apparente sauvagerie du volatile Ecossais. Un régal pour les gourmands de chasse, d'autres auront préféré (et se seront régalés) la côte de veau... l'une comme l'autre accompagnées d'un jus de cuisson réduit... juste une tuerie !
Et en dessert, une jolie déclinaison façon Strüdel contemporain, baptisée "Ecorce d'automne", avec glace à la vanille de Tahiti et glace à la feuille de Figuier (abondance de biens ne nuit pas...). Un très très beau dessert, où la pomme acidulée façon Rubinette est tout en contraste avec son écorce... un régal. Même le café est irréprochable... il faut se hâter d'y retourner (46 rue Trousseau - Métro Charonne). A Little Big Restaurant...






