mardi 21 octobre 2014

AKRAME - SPLENDIDE !


On en a beaucoup parlé, de l'ascencion fulgurante d'Akrame, de son restaurant de la rue Lauriston qui a pris une puis deux clochettes au Michelin... créativité, maîtrise des cuissons, saveurs franches et harmoniques tonitruantes demeurant toujours justes... une cuisine vraiment personnelle, une cuisine qui fait fort vibrer la gourmandise, une cuisine complice... même la première fois. En un mot, Akrame : à ne pas manquer... face à l'Atelier Vivanda où l'on peut faire une orgie de viande rouge... le restaurant du Chef, restaurant éponyme procure des émotions gourmandes splendides. Un très beau dîner servi pour l'occasion dans le "Bureau" du Chef.


Le démarrage avec un Oréo noir, dont on apprend non sans quelque interrogation qu'il est à la sardine grillée et au parmesan, met tout de suite dans la tonalité... c'est très bon, on y reviendrait volontiers sous une certaine forme addictive... oui, il y a aussi une tartelette crème de lait, un "ananas pina colada" qui sont intéressants et même une délicieuse brioche au comté vieux... mais cet Oréo ouvre le bal avec splendeur... et le reste suivra... jusqu'au bout, avec un joli Pommard 2011 pour accompagner l'ensemble, soyeux, tout à fait compliant...


Consommé à la citrouille, graines de citrouille, oursin et mimolette vieille... une entrée en matière tonitruante; une maîtrise parfaite de la puissante composante iodée de l'oursin, des textures qui s'harmonisent parfaitement. Un grand plat.


A suivre puisque l'on se voulait un brin régressifs, la soupe au lait (et parmesan) et au vermicelle, recouverte de truffe blanche d'Alba. Aussi parfaitement exquis que soi-disant régressif... encore un très grand plat. On sent que le dîner sera un beau grand dîner et c'en sera un...


Comme une réponse à une provocation que l'on avait lancée dans l'air de l'Arpège voici quelques semaines, Arkrame fait suivre les Coques au vin... cuisson irréprochable, texture fondante, et sauce au vin rouge aérienne et "pas timide"... un beau plat encore...


Rouget, cuisson parfaite, le rouget dans son expression la plus rocheuse, iodé, avec lard de colonatta et riz rose Thaï et endive. Un régal, pure gourmandise pour les amateurs de rouget...


Entre deux le sorbet mûre, vinaigre de pomme et huile au poivre fait une jolie diversion façon "trou normand" contemporain et prélude à une splendide côte de veau, chips d'oignon et gratin dauphinois au chocolat bland. Une vraie réussite... quand la côte de veau rappelle dans sa perfection des souvenirs de la place des Vosges...


Gourmandises... était-ce bien nécessaire... pour autant on se laisse faire, pour satisfaire d'hypothétiques becs sucrés... une improbable glace au chocolat et charbon de bambou (l'assiette noire)... le palet avocat-banane et chocolat blanc (tout à fait régressif encore, parfait absolument...) et une raviole de poire et noix flanquée d'un sorbet bière et riz soufflé... fin d'un repas splendide qui fait sérieusement considérer les deux étoiles d'Akrame non comme un bâton de Maréchal mais comme la transition qui pourraît l'amener à mériter une troisième clochette.