C'est parti... 2014 a démarré... l'Arpège nous a donné quelques nouveautés éblouissantes (et quelques essais moins fructueux, c'est le lot des copains que d'expérimenter parfois une idée farfelue ou qui mérite encore quelque mise au point... Deux déjeuners "de choc", une répétition générale avec de jolis flacons (dont un Chambolle Musigny "aux Beaux Bruns" 2007 de L.Mortet) et quelques splendeurs dont un vol au vent aux champignons, sauce au vin jaune aérien, fondant, délicat, dont ne regrette qu'une chose, c'est qu'il ne devienne pas un "grand classique" pour pouvoir encore et encore en profiter.
Superbe coquille Saint-Jacques au thé vert Matcha aussi, rôtie sur sa coquille, dont pour un rien on redemanderait sauf que... ces déjeuners sont tellement riches, déclinant les grands classiques et les augmentant de l'inspiration du jour... il faut savoir continuer avec courage sans s'arrêter sur un plat et retrouver un peu plus loin une idée du jour, splendide aussi : le saumon sauvage, sauce au thé rouge. Cuisson parfaite, association magique de la douceur et de la texture du thon et de cette sauce à l'acidularité nette et droite...Joli canard à suivre, sauce aux truffes et le fameux mille feuille aérien...
Après cette mise en jambe... le déjeuner annuel des Bourguignons qui comme à chaque opus sera un grand moment d'amitié et d'échange gastronomique autant qu’œnologique. A table, outre les incontournables qui nous honorent chaque année de leur présence, deux vignerons des côtes de Beaune, dont nous savons les beaux produits, et qui n'ont pas défailli... les papilles ont beaucoup travaillé (d'autant que certains s'entraînaient pour certain marathon gastronomique du lendemain)... les vins étaient à la démesure de l'évènement (sauf un Mazy Chambertin 1995 de J.Roty, en magnum qui se trouvait bouchonné, tristesse... mais il y avait de la réserve)... parmi les jolis flacons, outre le Jacquesson d'entrée, non dosé, parfaitement droit et modèle de grand champagne (Avize Champ Cain 2004), un Vouvray sec 2007 de Philippe Foreau (Le Clos Naudin), un Lavaux-Saint-Jacques 2006 de Harmand Geoffroy (à point, juste parfait)... Morey Saint Denis "La Riotte" de JM Guillon en 2006 (une splendeur), Beaucastel blanc 2001 (droit, miellé, parfaitement équilibré)... et seigneur d'entre tous, Groffier 2002 : Chambolle Musigny "Les Sentiers"... Quelques figurants aussi, mais tous de qualité (Puilly Fuissé "Tradition", domaine Vallette 2004 en magnum)... un sacré beau "tasting" autour de quelques grands classiques de l'Arpège...
Le fameux Homard au vin jaune est un plat juste hénaurme, tout de gourmandise, que chacun a dévoré malgré qu'il soit servi sur le tard d'un déjeuner "fleuve"... Point n'est besoin de rappeler les grands (et délicieux) classiques telles les ravioles potagères... le poireau-truffes (une parfaite harmonie gustative), le navet boule d'or (un peu incertain, avec sauce miel et safran)... le tartare de betterave fumée, œuf de caille "au plat" (bon çà !...) et enfin, signature du rôtisseur maître des lieux : le carré de porc, tout bonnement exceptionnel, fondant, d'une juste cuisson absolue, dernier plat servi avant le mille feuille, que tous avons dévoré sans se faire prier ! Beau repas, grand repas, bel équilibre oenologique (douze bouteilles à neuf...) promis... nous récidiverons l'année prochaine !
| Cheers ! |