L'établissement sis à l'angle de la rue de la Pompe et de l'avenue Bugeaud, à deux pas de l'avenue Foch et de la place Victor-Hugo, est celui qui accueillit Ghislaine Arabian à l'heure de sa gloire, puis la fameuse Table Joël Robuchon et qui, depuis deux années, héberge Jean-Louis Nomicos, ex-Chef chez Lasserre et qui a souhaité voler de ses propres ailes dans ce local à la géométrie curieuse, dont les cuisines sont au sous-sol et qui était jadis celui d'un traiteur ("Au jambon d'York") puis d'une superette de luxe... Le lieu n'a jamais été doté d'une décoration bien réussie et JL Nomicos n'a pas souhaité semble-t-il rompre avec la tradition: le décor incertain, façon "années 70" (alu brossé et couleurs à dominante orange) peut susciter quelque commentaire... Le personnel demeure aussi inexpérimenté qu'à l'époque Robuchon exception faite du sommelier façon "excellent choix, Monsieur" qui fait usage d'une carte des vins électronique présentée sur IPad... et d'une directrice de salle souriante, qui tente autant qu'elle le peut, de cornaquer ce ballet approximatif.
Les zakouskis et autres mises en bouche sont assez banals mais n'appellent aucune critique de fond. Les petites bouchées légumières ne peuvent évidemment emporter la conviction d'un afficionado de l'Arpège, et la verrine au foie gras et potimarron n'a à peu près aucun intérêt que celui de faire patienter... et l'on patiente avant que n'arrivent les Oursins.
Oursins et tourteau... belle réalisation gourmande pour qui apprécie les saveurs iodées. Les produits sont de qualité et on ne boude pas son plaisir (dans la même tonalité que les oursins aux oeufs brouillés du Taillevent). On trouve ici une opposition entre la douceur du tourteau et la saveur iodée des langues d'Oursin. Belle idée et entrée gourmande sans conteste.
A suivre des langoustines avec fregola sarde et artichauts en dés, accompagnée d'une bisque en émulsion. Là c'est l'échec... langoustines surcuites et sans intérêt, bisque itou et artichauts et fregola d'une banalité à pleurer (et d'une cuisson également sans intérêt)... Pas de dessert mais une assiette de fromages sans âme...
Bref on se retrouve dans la même perspective exactement qu'au temps de Robuchon : une cuisine industrialisée, sans grande personnalité, dans un établissement sans âme à la décoration incertaine et au service défaillant... Une étoile au guide rouge... Filons... Retournons vite au Yam'Tcha !