vendredi 14 décembre 2012

Diner de chasse au Jeu de Quilles


Quelques gourmands réunis autour de belles bouteilles et de beaux et rares produits de chasse, un dîner somptueux où tout semble couler de source à commencer par le vin, le beau, le grand, le bon !... Formidable Meursault Charmes 2009 de chez Henri Boillot (une merveille de clarté, un type de description du Meursault), puis une délicieuse kirielle de rouges : Gevrey Chambertin 1er cru « Les Champeaux » de chez Mortet (admirable, le Pinot Noir dans son expression droite et puissante… délicieux déjà), Domaine de Trevallon 2007 (un très grand vin, à parfaite maturité, rond, riche, tout en fruits compotés, puissant comme il faut mais sans exagération, un grand produit des côtes du Rhône), Côte Rôtie Jamet 1997 (Merci François Charles B. qui nous délègue ce grand flacon depuis sa retraite tropicale)… et Chapelle Chambertin 2004 de Jean-Louis Trapet (fait comme il faut, un seigneur… qui n'appelle et ne supporterait aucune critique : archétype des Chambertins élégants et que l'on dit « féminins »…). Au chapitre œnologique donc, tout a été mis en œuvre pour magnifier les beaux produits…




Et des beaux produits il va y en avoir… Au piano, Benoit Reix a une idée claire et précise de ce que doit être la mise en valeur (on devrait écrire la « mise en évidence ») des grands produits comme le filet de veau d'Hugo, avec quelques gouttes d'huile, de citron et les premières truffes, les vraies (tuber melanosporum)… Tartare de veau donc, « une tuerie »… suivi d'un filet de veau « juste cuit » (autant dire presque pas, pour rendre justice une fois encore au produit), revêtu d'un lard Colonata… splendide, fondant, un veau « unique »… puis l'agneau, fondant (un agneau tout juste « débutant », avec un oignon gratiné qui peut rappeler quelque plat emblématique de la rue de Varennes… délicieux prélude aux vedettes de la soirée : les fameux « longs-becs » tout en simplicité qui feront parler et parler sur leur cuisson (insuffisante ici, parfaite là… trop puissantes ici, délicieuses là…)… un régal qui, en toute honnêteté aurait supporté cinq minutes de cuisson supplémentaire (et alors on aurait attaqué même les os) mais de là à bouder son plaisir il y a un monde… succulent, voilà tout ! Et un comté splendide pour terminer, comme disent certains cet an ci… « What else »… ?



Un diner splendide, dîner de chasseurs, faisant successivement danser un veau d'exception et la puissante bécasse qui n'admet aucune comparaison dans le monde du gibier à plumes (sans pour autant bouder jamais les merles et autres grives délicates, qui nous régalent tout autant…).