La Brasserie des Catalans, Marseille, Chez Michel... à deux pas du Sofitel-Vieux Port, LA Bouillabaisse semble être née ici et y avoir toujours prospéré. Elle y est presque le plat unique (on peut aussi commander une bourride, peut-être un Loup grillé mais tous semblent venu pour rendre hommage à la Bouillabaisse...). On démarre classiquement par quelques crevettes (c'est pour les estrangers...) ou par les supions (c'est l'entrée de Michel, forcément ce qu'il ne faut pas décliner...) deux portions et demi pour cinq... et la fête démarre. Pas d'apéro (on aura pris le pastis quelque par ailleurs, avant...) mais le blanc de cassis, tout en simplicité et qui saura s'accomoder des supions comme du bouillon, de la bouillabaisse et des deux incontournables : Rouille et Aioli (confectionnés sans oeuf comme le veut la tradition).
Les supions sont irréprochables. Dès lors que l'on a goûté, la conviction l'emporte que tout autre choix d'entrée serait une erreur... et toutes les assiettes se sont trouvées nettoyées en un rien de temps, juste ce qu'il faut pour que les galinettes, Saint-Pierre et autres rougets présentés par Michel se transforment et deviennent Bouillabaisse, servie comme il se doit avec les pommes de terres tièdes safranées, les croûtons et les inpedimentas aillés... Fameuse bouillabaisse donc, généreuse aussi (d’aucuns en friseront l’indigestion), cuisson parfaite des poissons, saveurs safranées et aïacées (euphémisme), passe et repasse… un festin ! Et une conviction encore… que Michel est L’adresse de référence, l’endroit où l’on se doit de revenir encore satisfaire une envie de bouillabaisse (même si d’aucun Marseillais vante non sans raison la qualité de l’assiette à L’Epuisette, au vallon des Auffes). Simple et gourmand, amical façon Marseillaise, Marseillais autant que l'on puisse l'être et l'exprimer, Michel se pose en Gardien du Temple de la Bouillabaisse, et avec quel talent !