jeudi 1 septembre 2011

DEJEUNERS DE FIN D'ETE (AOUT 2011)

LE BAR DU PASSAGE :

Annexe canaille du Senderens, où l'on accède par une porte dérobée dans le passage de la Madeleine (9 place de la Madeleine), petit escalier en colimaçon et une salle, à l'étage, au dessus de la "grande salle" du Lucas Carton, un peu basse de plafond, anciens "petits salons" réunis autour d'un Bar, et une cuisine propre, joliment dressée, personnelle, qui apporte ce qu'il faut de gourmandise et témoigne d'un savoir faire qui ne sera pris en défaut que sur la cuisson de la poularde, un peu trop poussée... mais l'ensemble est franchement bon et le prix est tout à fait convaincant, même (et surtout) si l'on se prend à le comparer avec Jean-Louis Nomicos ou les restaurants de la chaîne Robuchon. On sent ici une équipe en cuisine, une vraie, l'inspiration parfaitement maîtrisée d'Alain Sendens et de son Chef Jérôme Banctel.


Un beau repas qui débutera avec une belle gelée aux Oursins aux saveurs iodées et à la texture impeccable, puis un saumon "snacké", à la cuisson impeccable, accompagné d'une dariole de poivrons et d'un mesclun délicat, puis la poularde aux champignons de saison (délicieux et d'une cuisson -pour ceux qui l'étaient- parfaite...). Trois splendides figues rôties sous forme de dessert et l'ensemble accompagné d'un Beaumes de Venise, Terres Blanches 2009 un peu consistant pour être tout à fait convaincant. Une belle expérience gourmande, un bel établissement dont l'ouverture, le Dimanche soir mérite d'être mentionnée.






LE CERCLE DE L'UNION INTERALLIEE



Le lieu est enchanteur, juste contigü aux appartements privés de l'ambassadeur d'Angleterre, un hôtel particulier splendide, rue Saint-Honoré, dont les jardins, l'été, permettent de profiter en plein Paris d'un instant d'Eternité. Sans être un Parangon de gastronomie contemporaine. Pour autant, l'assiette est gourmande, bien construite (et même un peu généreuse).




Un beau foie gras en deux cuissons pour entrée (grand classique, sans surprise), une poularde au vin jaune, servie sur un risotto de pâtes (très belle réussite) en plat et un splendide plateau de fromages amèneront à l'heure du déjeuner, à une impasse en matière de dessert... beau et bon repas, dignement accompagné d'un Savigny les Beaunes de Simon Bize (2001, beau millésime mais qui a déjà perdu un peu de sa superbe), et quelques pas dans les jardins de l'interallié. Un bon moment qui se terminera par un très beau cigare (Trinidade Robusto)... Bon moment !



L'ARPEGE D'ETE


La grande saison de la tomate et des légumes, à l'apogée de leur maturité. La tomate est splendide et se prête à toutes les fantaisies de la cuisine (et Dieu qu'il y en a...). La lumière est splendide qui inonde la salle de la rue de Varenne, les plats succèdent aux plats, à chaque visite, on a le sentiment d'un assaut gastronomique et les convives se prêtent de bonne grâce à cet élan d'improvisation sans cesse renouvelé en sorte que chaque visite et un enchantement.




La transparence de homard est une pure merveille, le gazpacho avec sa glace à la moutarde d'Orléans et au céleri une perfection, rafraîchissante et savoureuse... la tomate revient, déguisée en transparence de concombre, avec l'aigre-doux miel-citron...Les ravioles légumières arrivent tantôt dans leur consommé tomate-céleri-basilic, tantôt dans leur forme "poêlée" (splendide ! avec une un beurre au vin jaune)...Et le Bar, sur un consommé tomates-basilic précède un formidable Saint-Pierre aux coques et émulsion de persil... laquelle émulsion de persil revient avec quelques haricots verts, de la tomate fraîche et des pêches blanches (admirable)... L'œuf parfait revient, dans sa tenue d'été, sur un "Rösti" et encadré d'oseille... puis arrive la poularde (quelle cuisson) et le rognon aux raisins et noix de Quinoa...






Il en faut du courage pour affronter ensuite le formidable mille-feuilles à la Rhubarbe, et la tarte aux pommes boutons-de rose... et pour qui aurait encore un brin de courage : les mignardises et autres macarons de saison. La sommellerie n'est pas en reste, après quelques gorgées de Billecart Salmon extra-brut, une Château La Louvière blanc 2003 puis un pinot noir 2009 (déjà goûteux, Morey Saint Denis village) et un Château Le Puy 2003 de grande stature... quelle table ! quelle inspiration ! Nous sommes ici entre les mains de magiciens...