J1 / CHAGNY : HOTELLERIE LAMELOISE :
Première étape de cette grande boucle 2011 : Lameloise à Chagny, institution Bourguignonne vénérable, transmise de génération en génération jusqu'en 2010, année du départ en retraite de Jacques Lameloise et de la reprise de l'établissement par Eric Pras, demeuré plusieurs années de rang à ses côtés, et qui perpétue l'esprit de cette grande Maison de bouche, avec le même souci de qualité et d'évolution maîtrisée. Ce n'est d'ailleurs certainement pas de sa faute si la place des "9 jets d'eau", face à l'Hôtel Lameloise se trouve aujourd'hui flanquée d'un gigantesque poisson équilibriste façon melba dont on se serait bien passé...
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| Parmi les mises en bouche |
Accueil chaleureux, service impeccable, belles grandes chambres parfaitement insonorisées, ouvrant sur Chagny "Main-Street" (vue sur le poisson...)... confortables, parfaitement aménagées, procurant le meilleur repos qui soit après un dîner qui sera beau et grand, dans la pure tradition gastronomique bourguignonne.
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| Mille feuille de Homard |
Un très beau dîner donc, qui sera choisi "à la carte" plutôt qu'en figures imposées... pour pouvoir retrouver le ris de veau (nombreuses addictions parmi les convives) et chacun de construire un menu "sur mesure" pour démarrer cette grande boucle gastronomique et golfique. "Mille feuille de Homard bleu en salade d'herbettes", et coulis de tomate (splendide, délicieusement acidulé) ou "Homard bleu, tomate coeur de boeuf et andine" pour débuter... avec un très beau Chassagne Montrachet "Les Ruchottes" 2007 de Ramonet (splendide !) suivis d'un rognon au beurre rouge ici et d'un formidable ris de veau, zestes d'agrumes et oignons noirs, croustillants à souhaits : une splendeur, qui sera épaulée comme il faut, par un Chambolle Musigny 2006 de chez Roumier, un peu sur la retenue (mais nous dira-t-on demain... 2006 tendrait à être un peu fermé cet an ci...).
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| Crêpes Suzette |
Jolis desserts enfin parmi lesquels ici une crêpe suzette "comme autrefois", fondante et parfumée, et là Abricots et romarin, sablé Breton et abricot confit ou Figues et mirabelles, mille feuille croquant... un repas splendide, qui mérite et fait tinter haut les trois clochettes de la maison Lameloise. Tout ceci présage une belle grande boucle, et tous repartons avec l'envie d'en découdre avec le Golf du beaujolais d'abord et la Maison Troisgros ensuite !
J 2 / MAISON TROISGROS A ROANNE :
L'enchantement ici débute à l'instant même de l'arrivée, le sourire, l'accueil, la qualité de réception de l'ensemble du personnel contribue à rendre ce séjour à Roanne, ex-place de la Gare (aujourd'hui rebaptisée Place Jean Troisgros) juste exceptionnel.
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| Moules de Bouchot ivres de vin rouge |
L'hôtellerie, moderne, de volumes et d'architecture résolument contemporains, encadre un jardin japonais tout de charme et de quiétude... et malgré que le temps soit passablement menaçant, nous ne résisterons pas à y prendre l'apéritif jusqu'à ce que quelques gouttelettes nous imposent une retraite, vers la salle de restaurant, splendide mais dont quelques convives atypiques contribuèrent, de certain point de vue à un brin de "pollution visuelle", toutefois insuffisant pour gâter la fête qui sera juste splendide.
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| Noix d’huîtres chaudes en robe d'oseille |
Tous renonceront à nouveau au principe du menu dégustation pour construire quelque chose qui se révèlera simplement merveilleux... et délicieux pour le moins que l'on puisse dire. L'entrée comportera ici de délicates noix d'huîtres chaudes, en robe d'oseille, acidulées comme il faut et qui iront jusqu'à combler celles qui prétendent n'aimer pas les huîtres cuisinées... elle comportera, là, les "Moules de Bouchot ivres de vin rouge" rappelant dans le principe le fameux Coq vin ivre de Chambertin de Claude Perrot... et dans l'assiette, se révèlent somptueuses et d'une cuisson d'une justesse telle qu'elle en permet de les servir froides.
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| Jambonettes de cuisses de grenouille - Satay de Tamarin |
Consensus ensuite sur les jambonettes de cuisses de grenouille, poêlées, Satay de tamarin. Acidularité ici encore parfaitement maîtrisée, signature de la maison que confirmera le Chef lors de son passage en salle, débonnaire et heureux de perpétuer dans cette grande maison une telle démesure dans le génie culinaire. Gourmandise et perfection sont ici en parfaite harmonie et pour accentuer la démesure de l'instant, la goutte de blanc qui fait déborder la carafe: Ramonet, 1999, Bienvenues Bâtard-Montrachet... confinant à l'absolue perfection et rendant coup pour coup à l'assiette !
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| Ris de veau "Cinque Terre" |
Viendront ensuite des ris de veau "Cinque Terre", rendant hommage -dixit le Chef- aux origines transalpines du Troisgros aujourd'hui "à la Barre". Ris de veau généreux, de cuisson parfaite, ne jouant pas tant sur le croustillant que sur l'onctuosité (malgré qu'il soit revenu "dans un beurre mousseux")... et cuisiné avec des légumes méditerranéens : oignons, olives, tomates tricolores... et encore, et toujours ce brin d'acidité qui fait signature de la maison Troisgros. Nous aurons eu deux soirs d'affilée deux visions totalement distinctes du ris de veau, et toutes deux splendides, et flattant la gourmandise au delà de toute espérance, d'autant qu'avec la complicité pertinente et discrète de la sommellerie, cette merveille viendra s'harmoniser avec un Chambolle-Musigny 1er cru "Les Cras" 2004 de chez Roumier. Une splendeur !
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| Pré-dessert figues-agrumes |
A l'heure du dessert force est d'avouer un peu que certains "flanchent". La "tarte sublime au chocolat et à la pêche" semble avoir comblé l'addictif de garde à la fève de cacao; L'Ali-Baba aux prunes, punché à l'eau de vie n'a déçu non plus que le soufflé aux noisettes à l'abricot (aérien). Quelques cafés, une tisane "digestive" (il faut çà...) et une feuille de Havane dans le jardin après le repas... Un des plus beaux que nous ayons fait, dans un des plus beaux établissements dont on puisse rêver. L'expérience "Troigros" n'appelle que des superlatifs. Toute occasion de récidiver, même en apparence mauvaise, deviendra bonne...
J3 / LA PYRAMIDE - POINT A VIENNE :
Deux étoiles au Michelin, membre des Relais et Châteaux... rien malheureusement à la Pyramide, à Vienne, dans ce qui fut Jadis le Temple de la cuisine Française sous l'autorité de Fernand Point qui mérite un commentaire superlatif. La déception a été totale, tant en ce qui concerne l'hôtellerie que le restaurant. Le service ne viendra pas non plus ajouter grand chose à cette salleà l'ambiance compassée, dans un décor prétentieux, glacial, moderne comme on savait le rater dans les années 80.
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| Mise en bouchhe |
Le fait est clair dès l'arrivée !... Le ton est donné...Le service ici est inexistant, il peut être juvénile et totalement inefficace, ou rappeller vaguement certains établissements prétentieux des années 70 où l'on savait derrière un mur d'indifférence, faire sentir à ses hôtes tout le mépris qu'ils inspirent... la sommellerie marque la même attitude souveraine et les prix infligés sur le livre de cave ne permettront pas comme nous nous l'étions promis, une incursion dans les grands crus de Côtes du Rhone. Nous en resterons donc (tout de mêmme) à un joli Saint Joseph blanc de chez J.Gripa ("Le Berceau", 2007) suivi d'un Clos des Lambraÿs 2000. Pas d'erreur mais nous avons dû renoncer à une longue liste d'Hermitages (et autres Ermitages) faute de pouvoir échanger avec une sommellerie autiste.
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| Le décor est posé... |
Une cuisine justement exécutée, mais sans émotion. En entrée, le croustillant de grosses langoustines rappelle un grand classique de la maison Le Nôtre, et la cuisson des langoustines appellait critique pour deux d'entre elles (ce qui amène au demeurant à s'interroger sur leur mode de cuisson)... le bon choix aura peut-être été plutôt les "petits gris du Rozay" sur une tarte fine... simples et sans surprise.
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| Le croustillant de grosses langoustines |
Puis ensuite viendront pour les uns et les autres, l'Agneau en trois façon (qui semblait bon, bien propre sur lui), le filet de boeuf de Salers, augmenté d'un brin de foie gras et d'une réduction de Saint-Joseph, de belle facture, comme au Brandevin... et un filet de Saint-Pierre à l'oseille et aux champignons des bois, sauce crèmée et citronnée... un plat sans intérêt, à la cuisson "well done" et appelant comme commentaires : " la cuisine d'avant-hier. Sans intérêt".
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| Filet de Boeuf |
Un seul d'entre nous ira jusqu'à la case "dessert", courageusement, vers une figue ronde de Bordeaux et chocolats, qui laisserait à penser que la pâtisserie soit ici moins en panne que le reste de la maison.
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| Filet de Saint Pierre |
La chambre de l'Hôtel (que le Michelin gratifie de deux maisonnettes rouges) évoque vaguement une chambre de Novotel (sans âme, à l'architecture stéréotypée et aux salles de bains approximatives)... dont la décoration aurait été confiée à un tout petit pourvu de pastels... toutes les chambres lit-on sont de décoration différente... badigeonnages en couleurs vives supposées évoquer la provence (dixit le Guide Michelin), et dessins à thème (coquelicot, piments...). Juste navrant... La literie et l'aménagement n'appellent pas non plus de commentaire superlatif... contreplaqué mal ficelé et bariolé "comme la chambre"...
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| Dessert chocolat-figues |
Et le petit déjeuner, fondé sur un coupable "do it by yourself" mérite d'être oublié. Sans intérêt aucun, bâclé, tout à fait, dérangeant pour les deux junior Chefs trop occupés derrière le comptoir pour jeter un cil sur les hôtes du lieu... Et que l'on se rassure, la tarification de la prestation dans son ensemble n'a rien à envier à Lameloise ou Troisgros... ni à ceux qui suivront.
Une grande déception. Fernand et Mado Point sont décidément bien derrière nous et cette "Pyramide" mérite d'être oubliée et ne sera, c'est bien clair, plus au programme d'une visite dans le Lyonnais à l'avenir. Deux pions au Michelin et Relais & Châteaux... ceci laisse rêveur... Patrick Henriroux nous semble bien loin de "remplir le contrat".