vendredi 8 juillet 2011

PAYS BASQUE 2011

La visite au Pays Basque est devenue une tradition, chaque année, autour de l'Eté... tantôt au départ de Lacanau (périple Girondin et Basque), tantôt plus brièvement en visant Saint-Jean de Luz, l'Hôtel du Parc Victoria et en rayonnant depuis cette merveilleuse villégiature vers les Golfs Basques et les grandes tables de San Sebastian, en tête desquelles (et de loin !...) Martin Berasategui à Lasarte Oria. La cinquième, ou la sixième édition de ce séjour Golfique et Gastronomique qui réunit le Fab Four comme au premier Mai à la table de l'Arnsbourg ou tout au long de l'année, entre Morfontaine et Saint Nom la Bretèche... de l'Astrance à l'Arpège en passant par le Passage 53 et autres Yam'Tcha. Le Club du Thermomix, de la quille et du Putter... avec un beau programme : Akelaré à San Sebastian, la Bricolette du Parc Victoria (qui par sa gourmandise mérite de n'être pas oubliée) et Martin Berasategui à Lasarte Oria... côté Golf : un doublé splendide avec Chiberta puis le Real Golf de San Sebastian à Fuentarrabia. Des conditions météorologiques splendides (quoique un peu trop de chaleur...) et une fréquentation des parcours d'un calme exemplaire.





AKELARE... première visite chez ce tout nouveau triple étoilé de San Sebastian. Un établissement splendide, design parfait... tout entier absorbé par la vue sur l'Océan, au coucher du soleil. Magique, de toute beauté, un instant qui n'est pas sans évoquer un souvenir de l'Aubrac au coucher du soleil depuis le restaurant de Michel Bras. Service parfait, attentionné et chaleureux. La carte des vins est superbe et comporte nombre de références de grands vins Français à des prix incomparablement abordables par référence aux grands restaurants Français. De cette carte on tirera sans peine un Beaucastel (vieilles vignes, Roussane) 2007 et un Clos de Lambraÿs 2001 qui accompagneront le très beau repas qui nous sera servi ce soir.




L'entrée en matière est assez déroutante (et presque humoristique : clin d'oeil à la cuisine moléculaire et à Feràn Adria) : quelques flacons rappelant vaguement l'industrie pharmaceutique, quelques saveurs amusantes. Rien de révolutionnaire et heureusement, on vient très vite nous rassurer... c'était pour rire... Le repas comportera ensuite de beaux plats, bien construits, justes en textures comme en saveur. L'impression générale est celle d'une belle inventivité et d'une belle maîtrise de l'Art culinaire, avec quelques emprunts mesurés au domaine moléculaire, volontiers assortis d'un clin d'oeil, mais l'expérience gastronomique n'impressionne pas au point d'un trois étoiles mais plutôt d'un bel établissement double étoilé, assorti d'un service et d'un cadre d'exception (et avec une carte des vins d'exception, elle aussi).  La clientèle est très internationale, les Français présents dans la salle, tous, ont honoré comme il convenait cette carte des vins propre à faire rêver les grands amateurs.
Foie Gras poêlé à la fleur de sel et "poivre en grains"
Dessert Cerises - Bonbons


Après un tel repas et 18 trous sur le merveilleux parcours de Chiberta (sous un ciel bleu et sans un chat... un parcours de rêve), retour au Parc Victoria et dîner autour de la Piscine, la fameuse "Bricolette" joyeusement arrosée avec une Côte Rôtie de chez Jamet, beau produit de qualité et qui fera un duo percutant avec un parmentier de joue de boeuf qui a simplement régalé la table entière, sans réserve ... savoureux et d'une gourmandise achevée, ce dîner montre à quel point lorsque la cuisine est juste et avancée pour combler les papilles des convives, point n'est besoin de fantaisies et mises en scène plus ou moins défendables. On oubliera le "coup de blanc" locorégional (qui sera remplacé pour l'occasion par un Jerez, beau produit stable et efficace à l'apéritif) et on démarrera directement sur Jamet avec un Côte Rôtie 2004... avec des oeufs brouillés aux truffes (et mouillettes aux herbes de jardin), et un superbe parmentier de joue de boeuf que tous avons englouti avec enthousiasme, nous félicitant (cette année encore) de cette bricolette qui vient faire le trait d'union entre deux très grands repas.


Parmentier de Joue de Boeuf
Et viendra, au déjeuner, le dimanche, par une chaleur torride (40°), un repas superbe chez Martin Berasategui qui, à chaque visite, nous surprend encore et encore, nous régale et nous éblouit. La carte des vins, ici aussi, rend accessibles les trésors de l'oenologie Française (Chassagne-Montrachet 2004 Les Ruchottes de Ramonet, Alter Ego de Palmer 2005) ce qui nous aura évité de tirer au sort un vin local, et de nous exposer à une déception, faute de pouvoir bénéficier du conseil éclairé d'un échanson fiable.




Un admirable menu à rallonge (et curieusement, on ne voit pas le temps passer, on s'étonne même de voir arriver un dessert), mettant en scène avec une absolue justesse légumes de saison, produits ibériques (en voilà une cuisine de "Pata Negra" !), pêche et chasse. Pas d'interdit, rien de systématique... ni classique (loin s'en faut) ni moderne (au sens convenu du terme), comme les Barbot et autres Klein, la cuisine de Berasategui est proche l'absolue perfection et c'est sa cuisine. Un poing (Pata Negra !) c'est tout !.





Quelques belles images qui ne sont qu'un raccourci d'un déjeuner somptueux et magnifiquement orchestré, accompagné de vins splendides et à parfaite maturité. Un moment juste merveilleux au point que -comme pour l'Arnsbourg- nous décidons à l'unanimité de revenir l'année prochaine (comme chaque année) pour deux repas cette fois...! Voté et approuvé par l'ensemble des convives et ratifié par Martin qui composera pour l'occasion deux menus ! On se prendrait pour un rien d'être impatients déjà de nous retrouver l'année prochaine à Lasarte Oria. Magique !




Et nous entrerons par les cuisines, c'est promis ! Foi de Pata Negra ...