jeudi 30 juillet 2020

LE CLARENCE - DÉLICAT, IMPROBABLE, DÉLICIEUX;;;

Service à l'extérieur, ambiance jardin, tout à côté de la fontaine dont le bruit est réjouissant, rafraîchissant même par ces chaudes journées d'été. Déjeuner tout en gourmandise, déjeuner surprise, où le poisson rencontre le fruit sans dé.t.c.onner... (quand l'écriture inclusive s'en mêle)... Christophe Pelé a une idée à la seconde, ose tout, mais toujours juste... ses détracteurs (if any) devraient se rappeler la phrase de Céline : "Chie pas juste qui veut"... l'improvisation a quelque chose de formidable, mais encore faut-il que le résultat soit à la démesure du culot de son auteur... et là, respect... on se régale, tout du long, on s'étonne, on savoure, on se dit qu'au fond... quel privilège d'être ici juste quelques uns qui ne nous connaissons pas mais qui faisons un repas exceptionnel, unique aussi... aux bons soins d'un Chef un peu foldingue, pressé façon Lièvre de Mars... 


Mais nous voici posés...  la sommellerie aussi mérite une mentions toute spéciale qui aura la belle idée, pour ce déjeuner gourmand, d'un  Chardonnay du Jura, dans l'esprit des vins élevés sous voile, parfaitement équilibré, à pleine maturité, une géo-signature Jurassienne... L'Étoile du domaine Montbourgeau 2015, ce sera le parfait compagnon de l'ensemble du repas... qui débute comme il se doit avec les Barbajuan, les gougères au comté, muscade et cannelle... et le formidable Bulot sauce tartare... mise en jambe, amuse-bouches...


First pass : une tuerie... tomate verte, guacamole, maquereau, lard de colonnata et feuille d'oseille... une assiette improbable, une cuisson, des textures qui font un ensemble délicat et puissant à la fois, le La est donné... en piste, pour de bon... Umami à tous les étages !


Et à suivre le thon rouge dans tous ses états... snacké presque cru, flanqué d'une mûre, de caviar, de poutargue râpée et d'une feuille d'oseille, improbable et délicieux... parpelette rôtie au caviar, simple, énorme, gourmandise absolue... puis, mariné dans un dashi avec une fleur de concombre... dashi acidulé, petite merveille rafraîchissante... le thon dans tous ses états, le mariage réussi de la carpe et du lapin... étonnant non ? ...

 

Et après ce thon étourdissant, déclinaison impressionnante, harmoniques improbables, tout en gourmandise ... arrivée en fanfare du lapin, son foie, sauce XO, févette et pomme dauphine...  fondant, délicieux, consistances amies, une halte gourmande d'autant qu'il se trouve accompagné d'un genre de Tian revisité, dont je ne veux même pas savoir quels légumes le composent... un trottoir feuilleté et des fantaisies provençales, comme souvent celles qui me font faire la grimace, et non... point de grimace ici, j'ai tout mangé, sans me faire prier, et j'ai regretté que chacun n'ait droit qu'à une demi-portion... comme un truc de malade ! un régal absolu. Vous avez dit Umami ? ...



Et le trou normand derrière tout çà, une vraie gourmandise, un truc que souvent on n'aime qu'à la maison tant c'est un plat signature : une salade verte merveilleuse, formidable... les Grands Chefs savent faire la salade, çà paraît ballot mais ce n'est au fond pas simple et çà flatte vraiment le palais à la fin du repas... 


La crème au citron demeure... un très grand dessert dont je raffole, absolument, faussement simple, délicieux tout à fait...  gelée de groseilles, çà ne gâte rien...


Et ce petit rafraîchissement aux fraises est rafraîchissant aussi... joliment acidulé et parfumé de basilic... un grand repas...