Le premier dîner chez Chops remonte à peu près à une trentaine d'années, qui réunissant un genre d'association de malfaiteurs, amateurs de viande, qui s'adonnaient alors régulièrement à des libations que l'on appelait "viandineries"... il y en eût deux ou trois chez Chops, sur une période d'une dizaine d'années, au gré de congrès organisés à Atlanta... et une bonne vingtaine d'années après notre dernière visite, la ville a explosé... Chops qui était dans un presque No Man's Land en périphérie se trouve aujourd'hui au beau milieu d'un quartier hyper-urbanisé (Buckhead) et jouxter le St Régis... tout simplement. Un étage est venu surmonter l'établissement d'origine et ce qui était originellement un Steakhouse de haute volée s'est augmenté d'un Lobster bar... pourquoi pas, pour les amateurs de surf and turf... mais non, c'est bien chez Chops que l'on avait envie d'aller, table fut réservée... un dîner tout seul (finalement moins désagréable qu'il n'y paraît), avec la promesse d'un reporting circonstancié pour les copains et de quelques rencontres viandinardes à suivre dès le retour dans l'hexagone... Accueil et service irréprochables, une (très) grande salle, élégante, qui peut rappeler ce qu'était autrefois Ben Benson's, un luxe chaleureux à la façon d'autrefois mais ici confort... tables espacées et un univers... pas trop bruyant.
Le pain arrive avant toute chose, un très joli choix de pains, tous exquis, pain blanc à la croûte croquante, tendre et goûteux... pain aux raisins (et pourquoi pas...) et deux petits pains qui ressemblent en première approche à un petit pain au chocolat... pas du tout, évidemment... la forme seulement et le demi feuilletage (parfaitement maîtrisé, respect...) et ce sont en fait l'un au sarrazin, l'autre au froment... de petits pains feuilletés aux oignons... on pourraît en manger... peut être une dizaine sans trop se forcer... et pour accompagner le tout, non non... pas de vin, on renoue avec le vieux compagnon Américain... le Dry Martini (Xtra dry, a bit dirty... straight up, olives... Tanqueray...)... à perfection... voici qui met dans de bonnes dispositions (lorsque je dois bien avouer que je m'attendais à être déçu, ne fut-ce que par la magnification du souvenir)... çà commence bien, et même très bien !
En entrée, une splendeur, inattendue... qui remplace l'éternet shrimp cocktail d'autrefois ... un tartare de thon rouge (Sushi grade Ahi Tuna tartare) avec une sauce Ponzu détonnante, quelques tranches d'avocat et une touche de whipped sour cream citronnée. Une réussite absolue. La coupe du thon lui laisse une texture ferme et délicate, le dashi est une vraie tuerie, la douceur de l'avocat... le petit pointu de la whipped sour cream... une harmonique gourmande juste incroyable... quand je disais que çà s'annonçait bien !!!
La vedette du soir ne pouvait être (quand on sait mon addiction pour ce produit) que le USDA Prime New York strip (autrement dit "Sirloin"). Et de retrouver la même jouissance gustative que bien des années en arrière... Chops reste Chops... une cuisson impeccable (au broiler, 1000°C), une mâche inouïe, longue et savoureuse, une viande à parfaite maturation (çà a toujours été le fer de lance de Chops) et parfaitement assaisonnée... 16oz... pas loin d'une bonne livre, elle n'a pas fait long feu... et non, rien pour l'accompagner, ni verdure ni Idaho potato, rien que ce formidable sirloin. Une petite merveille...
A suivre un cheesecake... très obligeamment le garçon acceptera d'en servir une demi-portion... dont seule la moitié sera engloutie. Non, pas de doggy bag, I'm not used to doing so... l'addition (presque) raisonnable... et la plénitude d'un instant gourmand, le presqu'étonnement de n'avoir pas été déçu et si d'aventure on revenait à Atlanta, nul doute... Chops again !