Un très beau dîner à
Hong Kong, au restaurant Épure qui fait briller avec enthousiasme son Étoile
sous la direction d'Olivier LeGuyader qui règle le ballet en salle avec une
précision horlogère et de Nicolas Boutin en cuisine qui fait parler la poudre
avec de très beaux produits tous ou presque venus de France (on excusera le
wagyu... délicat, fondant, parfaitement traité) et qui joue savamment des
saveurs et des textures, de l'acidularité comme des épices, sans timidité, sans
excès non plus, une cuisine toute de justesse et de gourmandise, pour le plus
grand plaisir d'une table joyeusement cosmopolite.
La visite des
cuisines, aux tréfonds de ce paquebot (qui comporte un restaurant gastronomique
sera l'occasion d'un bavardage avec le Chef, qui sait de quoi il parle... qui a
tout affronté, de jacques Lameloise à Michel Troisgros en passant même par Jean
Bardet... cuisine spacieuse, belle brigade, partition classique et puisque de
partition l'on parle... dans ces cuisines là... on joue juste, tout à fait, jusques
et y compris les desserts qui évitent le travers sucraillon - un peu mou et
restent en suspension sur l'acidularité (pomme granny) et le chocolat amer,
maîtrisé, façon Bayard...sans peur et sans reproche ! Un final splendide.
Coquillages
superbement traités, foie gras poêlé (et quinoa croquant) délicatement associés
à pommes et poires... une aiguillette de sole à la texture fondante traitée
presque à la Méditerranéenne, et bientôt suivie d'une formidable langoustine
aux grenades... un régal... prélude au wagyu (maîtrise parfaite de la cuisson
de ce produit compliqué) pour les uns, venaison pour les autres (longe de
chevreuil)... une mention particulière pour les Pommes Anna qui évoquent quelques beaux souvenirs du Taillevent... et avant d'en arriver aux desserts et de boucler la boucle... un
plateau de fromages (trop) généreux et une mention pour le pain maison, pains
au fromage, pain baguette et pain brioché que l'on ne peut s'empêcher de
tortorer joyeusement avec les beurres Bordier...
Quel cahier des
charges à Hong Kong... un régal accompagné d'un pouilly fuissé puis d'un verre
ou deux d'un joli bourgogne blanc signé d'Antoine Jobard. Un vrai beau repas
dont tous sont ressortis comblés... enchantés... A tous un grand bravo et Merci
!







