La cuisine de Benoit Reix est simplement, franchement bonne, les cuissons sont tout à fait maîtrisées, l'imagination est au pouvoir et les menus sans cesse recomposés, renouvelés, avec talent et gourmandise... Si on aime les vins natures on est bienvenu... si on ne les aime pas aussi d'ailleurs, pourvu qu'on aime le vin, le bon et qu'on ait l'humeur à discuter ferme sur la table d'hôtes juste sous le bar... la viande du voisin (Hugo Desnoyer) est toujours splendide, les produits sont tous d'exception... le Chef sait nourrir ses hôtes avec enthousiasme et en ressortant une chose s'impose, bien clairement... il faudra revenir vite pour reprendre la discussion où on l'avait laissée...
Un vrai beau dîner... très dignement arrosé, de beaux produits avec une passionnante déclinaison de Chardonnay pour démarrer : Saint Véran Bret Brothers 2008 fait juste à point, large d'épaules... puis le Chardonnay du Jura selon JF Ganevat (Chalasses vieilles vignes 2011) et enfin un très élégant Chablis "La Forest" 2010 de chez Dauvissat... belle entrée en matière qui sera suivie d'un beau Vosne Romanée "Les Chaumes" de Méo Camuzet, 2008, juste à point... et enfin d'un Gamay (le Chef n'y résiste pas) : Morgon Vieilles Vignes 2011 de Kevin Descombes.
Et côté menu, une promenade d'hiver gourmande parfaitement, alignant une belle soupe de carottes et olives noires, piment d’espelette
(parfaitement balancée, avec un poivre Sarawak juste génial et peu salée... suivie d'un Boudin grillé, radis noir et chutney d’abricots
confits (un délice. Un boudin basque formidable, un radis superbe, parfumé mais
pas piquant et un Chutney de Chef, un vrai…)
A suivre, Fregola sarde, célerizotto au parmesan et
truffe noire (une vraie tuerie… le genre de plat dans lequel on tombe
littéralement et pour un rien on en reprendrait)...puis Encornet juste saisi, sur une purée huile d’olive
– panais et céleri rave… Peu de sel, subtil en diable...
aiguillette sauce betterave – vin rouge
(betteraves… un peu trop à mon goût mais un beau plat dans l'ensemble) puis pot au feu (le vrai, goûteux, avec un
bouillon dégraissé juste délicieux… ). Saint Nectaire – Ossau Irati et confiture de
cerises noires... et pour terminer (comme s'il y avait encore la place)... Mousse aux chocolats et gelée au piment d’espelette…
Un grand repas... on n'aspire disais-je qu'à une chose... récidiver !