MB pour Martin Berasategui qui a ouvert depuis maintenant 5 années un restaurant à Abama Resort, sur l'île de Tenerife où l'on retrouve l'inspiration et la cuisine du Chef Basque au restaurant éponyme de Lasarte Oria... et sans pouvoir dire que la cuisine ici atteint le niveau stratosphérique de San Sebastian, l'assiette est tout à fait convaincante et du début à la fin du repas, on fait un voyage gourmand en Pays Basque, et on se prend à programmer un nouveau repas (pour pouvoir mieux explorer la carte), et une envie germe de reprendre les virées Basques et retourner à San Sabastian visiter Martin...
A chaque visite à Abama nous avons dîner deux fois au moins chez MB et chaque année un pas semble franchi vers un peu plus de rigueur, d'exactitude, au point que cette fois, c'est parfaitement convaincus que nous avons repris date pour mercredi prochain... après un très beau repas joyeusement arrosé d'un flacon de coulée de Serran qui n'aurait déplu à aucun...
Une entrée en fanfare par des mises en bouche délicieuses, débutant avec de très fines tranches de pains rôtis (à la bière, pain d'épices, à la fleur de sel...), les beurres aromatisés, la croquette de tortilla, le saumon mariné, le bonbon au piment, le tartare de boeuf au caviar et pour apéritif le whisky sour glacé à l'espuma de fruits de la passion et bonbons gelés de caipirina déguisée en fraises... joli, exquis d'autant que la suite était préméditée, connue déjà (en petites portions) de Lasarte Oria, et formidablement exécutées par le Chef Erlantz Gorostiza qui a amené ce MB jusqu'à une récente seconde clochette au guide rouge...
A suivre donc, dans l'esprit du délicieux ragoût basque qui avait fait quatre addictifs depuis des années, le "jaune d'oeuf de poule fermière, dans une crème d'herbes, voile onctueux, touche de betterave, fromage et truffes"... difficilement descriptible, parfaitement délicieux, fondant, sapide et distingué tout à la fois (comme la cuisine de Martin l'est en règle, cuisine "Pata Negra" se plait-il à dire pour en souligner le culot et la puissance)... Une pure merveille (un brin copieuse, puisque le plat servi en entrée ne comportera pas moins de trois oeufs, et une généreuse râpée de truffes noires)...
Puis le cochon de lait en deux coupes, l'une moëlleuse en terrine, l'autre en côtes croustillantes, accompagnées d'une tatin de papaye et purée d'agrumes... la terrine moelleuse et fondante contraste parfaitement avec le train de côtes délicieusement croquant... et dans l'assiette, outre la délicieuse Tatin, de petites touches de condiment agrumes qui relèvent d'un brin d'acidité bienvenue la texture et le goût du cochon de lait. Une grande réussite.
Et un beau dessert à suivre : glace réglisse sur un sable d'olive noire, crème citrouille et vanille, un grand dessert mais y avait-il encore de la place... la prochaine fois peut-être sera-t-on tentés de faire l'impasse sur le dessert pour profiter des mignardises qui sont arrivées, ensuite, en nombre, sur un chandelier gourmand, comme à Lasarte...
Service impeccable, très belle carte des vins à des prix -comme à San Sebastian- très honorables, laissant aux hôtes le plaisir de choisir très librement parmi nombre de belles entrées, notamment des terroirs Français, mais aussi d'ailleurs...
