samedi 2 juin 2012

L'étoilé du Soleil Levant : Koji Aida.



Koji Aida est un grand Chef Nippon, installé à Paris, dans une ruelle improbable du 7ème arrondissement (1 rue Pierre Leroux) : un minuscule restaurant, minimaliste,  dans le pur Esprit du Soleil Levant… un bar qui peut admettre une dizaine de convives, et quelques places assises dans un salon adjacent.

Tartare de Veau d'Hugo Desnoyer - Gelée

Sashimi d'Abalone - Sauce au corail d'Ormeaux
« Aida » n’est pas une référence Verdienne traduisant un goût immodéré du Chef pour l’Art lyrique, c’est juste et simplement le nom du Chef, qui tient ici peut être (et de loin) le meilleur restaurant Japonais de Paris. Tout ici évoque les Grands Maîtres Queux qui officient à Tokyo ou à Kyoto, et le repas Kaiseki qui nous a été réservé démontre une maîtrise éblouissante de l’Art Culinaire Japonais : elle allie comme il se doit une précision chirurgicale du geste, à une simplicité qui n’est qu’apparences. Tout ici est exquis, les saveurs sont subtiles et fortes à la fois. Les harmoniques sont puissantes, convaincantes,  et heureuses  toujours.


Tepanyaki de Chateaubriand
Sashimi de Bonite

Délicieux, souriant et convaincant, Aida fait de son restaurant un Paradis de la cuisine japonaise à Paris. La seule critique viendra sur à propos de la carte des vins, qui comporte des références admirables mais dans une fourchette de prix délirante, et quelques références moins résolument prestigieuses mais qui n’offrent in fine guère d’émotion malgré de belles signatures…  et obligent soit à opter pour le thé soit à se satisfaire d’une appellation village souvent au prix d’un grand cru. De grand bourgognes donc… et une seule entrée en Bordeaux (Sociando Mallet), pratiquement rien ailleurs… mieux vaut peut-être choisir l’option Thé (encore que le Mazoyères Chambertin de Perrot-Minot ait été élégant et flatteur).


Cuisine juste et raffinée donc, timing absolument parfait… bonheur aussi de voir le Chef travailler devant soi, avec une main admirablement sûre pour les sashimis (Bonite – gingembre, Loubine – sauce prune salée, et Abalone – sauce au corail). On appréciera aussi la subtile maîtrise des algues dans le flanc salé sauce d’algues qui a ouvert le bal… l’exigence des meilleurs produits dans le tartare de veau à la gelée, comme le Tepanyaki de Chateaubriand (tous deux de chez Hugo Desnoyer. Quelle référence… !), les soupes au mis maîtrisées ici avec un talent étourdissant et un final extraordinaire avec le riz au corail et au homard… un absolu régal.



Et il faudrait également parler de tout, en détail, donner des accessits, aux coquilles St Jacques dorées au Tepan et servies avec des asperges blanches… aux asperges sauvages marinées dans le vinaigre de riz, à la glace Asperges qui vendra terminer le repas, juste suivie d’une bouchée griotte. Un très très grand repas, inattendu, dans un restaurant justement étoilé au Michelin et qui procure une cuisine de très très haut niveau. Quelques belles photos complémentaires en suivant ce lien...