DEJEUNER AU RESTAURANT X.O.
Très bel établissement, dans un esprit typiquement américain (ancien siège du Stock Exchange de Montréal, une impressionnante hauteur sous plafonds, des vitraux colossaux et une lumière tamisée, façon US). Service cordial et irréprochable, une carte intéressante, une expérience cependant mitigée quant à l'assiette mais côté vins au contraire, le Chardonnay Canadien convainc tout à fait et le Pinot Noir de Marcel Deiss (2004) est splendide, qui vient racheter beaucoup d'expériences mitigées avec les Pinots Noirs du Grand Est.
Les crevettes-pop corn choisies en entrée seront simplement décevantes (dans le genre "junk-food" façon "nouvelle cuisine" ... crevettes en beignets un peu épicés, flanqués d'un quartier de citron vert... un peu trop généreusement servies (probablement pour une clientèle américaine) et sans intérêt... Une mention toutefois pour le Chardonnay Malivoire 2008, de large stature, d'un bel équilibre, déjà prêt à boire et dont l'acidité laisse à augurer une potentielle longévité. Découverte d'un vin Canadien qui s'il n'égale pas les grands Bourgognes, dame le pion en tous cas à bien des cousins Californiens aux prétentions superlatives. Chardonnay donc, de l'Ontario, dont quelques recherches bibliographiques laissent à penser qu'il s'agit d'un cépage croisé (façon pinotage en Afrique du Sud). Le résultat en tous cas a su flatter la gourmandise de l'ensemble de la tablée.
Pour suivre, un sirloin époustouflant ! Une qualité de viande somptueuse, claire, fondante, évoquant de vieux souvenirs de Bistecca alla Fiorientina... une expérience à elle seule qui vaut le détour par ce bel établissement. Tout en simplicité, avec une glace de viande, un brin de purée et de beaux champignons. Un très grand plat (sans nécessaire intervention d'un grand chef il est vrai)... Et l'association avec le Pinot Noir de Marcel Deiss sera un succès absolu. Découverte que ce Pinot Noir Alsacien qui, pour un coup accède à des niveaux de concentration jusqu'alors réservés aux Bourgognes... le côté noyau de cerise venant signer l'origine Alsacienne. Une très grande bouteille, qui mériterait qu'on en parle, plutôt que les tentatives incertaines d'Albert Mann ou notre récente expérience outre Rhin qui n'atteignent pas, tant s'en faut, un tel niveau de concentration.
Dessert ensuite sans intérêt... mousse citron acidulée sur coulis de fruit rouge et petite meringue croquante. Inutile (mais plutôt bon)... à cet instant, c'est surtout une petite marche dans Montréal, flanqué d'un Behike Cohiba qui sera le bon point d'orgue à un bon repas.
Un Chef renommé à Montréal, Jérôme FERRER. Quelques trente cinq personnes en cuisine... une équipe en salle dont les références viennent expliquer la perfection du service... une très belle assiette, un rythme parfait. Un grand dîner...
Après de très jolies mises en bouche.
Cappucino de Homard aux copeaux de truffes.
Croustilles de viande des Grisons, crème aux amandes grillées, quelques feuilles de chou et son potage.
Raviole imprimée aux herbes organiques, farce de Porcini,
Cueillette de champignons de Monsieur Robert juste pöelées;
purée de truffe et Enoki à cru, écume de morilles.
Un très beau menu, gourmand en diable, ponctué d'amuses bouche et autres interludes... pas de photo compte tenu du caractère tout à fait formel du dîner mais une adresse hautement recommandable. Nous n'avons pas eu la main sur les vins mais le choix était malheureusement misérable et le Sommelier, avec une adresse diabolique a su détourner l'attention qui se portait initialement sur Cuilleron vers un vigneron sans âme des Côtes du Rhône Septentrionales, et dont l'erreur est de ne pas avoir retenu le nom pour mieux l'éviter à l'avenir. Le reste était superbe, y compris le cadre et la visite des cuisines : une usine qui n'est pas sans rappeler le "sous-marin" de Guy Martin.

