vendredi 25 mars 2011

ASIE 2011 - BEIJING et SEOUL

Premier volet des aventures asiatiques de l'année 2011 qui ne vont pas susciter beaucoup d'éloges culinaires malgré tout l'intérêt que l'on peut porter à la Chine ou à la Corée. On a longtemps déclamé sur la cuisine Chinoise qui aurait disputé la première place au monde à la cuisine Française. Le débat est clos, la mondialisation ayant touché la cuisine comme les autres domaines mais on peut s'interroger toutefois sur la "grande cuisine chinoise" à moins de considérer que le canard Pékinois (canard laqué) en est la forme achevée. Dans tel cas, et quand bien même il serait dégusté avec l'entier protocole chez DaDong à Pékin, on ne peut souscrire à l'hypothèse que la cuisine chinoise et la cuisine Française seraient à placer sur un pied d'égalité. Même en descendant, vers le grand sud et Canton, on trouve bien évidemment toute la complexité des DimSum et autres cuissons vapeur... mais rien qui puisse en diversité, inspiration, personnalité affirmée d'un Chef, être comparable avec la cuisine Française. Apologie donc de la cuisine occidentale et, comme lors des quelques visites précédentes, peu de chose à dire de gourmand sur la cuisine chinoise. La découverte de la cuisine Coréenne non plus n'a pas apporté bien grande émotion gastronomique... au contraire si l'on doit parler d'émotion.


Premier repas (en qualité d'invité) dans un restaurant Japonais (c'est bien le moment...) où les Sushis Sashimis et Makis sont servis dans une assiette luminescente (par le biais d'une LED)... Bonne qualité d'exécution, sans plus, sans émotion, malgré la relative proximité du Japon. Mêmes commentaires pour le Wagyu Beef, dont l'épure de la présentation (tout seul au milieu de son assiette, sans rien du tout comme dressage...) n'est honnêtement pas compensée par la qualité de la viande. Première expérience assez décevante mais plutôt mangeable, sans effort démesuré en tous cas. On goûtera le vin Chinois et vite on oubliera, qu'il s'agisse du "Great Wall" ou du "Dragon Seal".

Les expériences suivantes seront Sino-Chinoises et l'on peut dire sans trop exagérer qu'un repas, dans un très bel établissement Pékinois, d'une cuisine Cantonnaise bien exécutée, était plutôt plaisant tandis que le reste est tout juste mangeable (et encore, faut-il probablement un certain entraînement à la cuisine chinoise). La maîtrise de la nouille frite n'est pas aussi universelle en chine que je l'imaginais, et il en va de même du riz sauté ("cantonnais") qui n'a parfois de sauté que le nom et dont les crevettes, oeuf et autres ingrédients qui s'y associent n'inspirent pas toujours grande confiance. 


Erreur encore de vouloir manger des DimSum à Pékin. On peut juste conclure que l'on ne recommencera pas ("at any price") pour le coup, l'effort est grand d'avancer dans le repas. Autres expériences ... cuisine Sichuanaise, à éviter absolument (on savait déjà mais lorsque l'on est invité, on ne peut que subir le piège qui se referme...); cuisine Shanghainaise :même remarque. En conclusion, la cuisine Chinoise ne peut raisonnablement être débattue sur un pied d'égalité avec la cuisine Française, d'aucun point de vue, même s'il est vrai qu'au Sud, les DimSum et produits cuisinés à la vapeur sont en règle "plutôt bons".


Transit ensuite vers la Corée. Corée tant redoutée au plan culinaire... c'était justifié, amplement. La viande est renommée, elle est splendide, appétissante même ... mais après une bonne demi-heure de cuisson sur un grill, placé au centre de la table, elle a gagné une consistante qui témoigne probablement des racines ethniques mongoles des Coréens. Et c'est dommage car le produit semble de très belle qualité en première approche. On se prend même un instant (un seul) à imaginer que l'on s'est mépris et que l'on pourraît bien manger. La suite, rapidement, viendra détromper l'Honorable étranger qui a grandement intérêt à se préparer aux épices (on est dans un registre comparable au Sichuan) et à ne pas trop s'interroger sur les recettes locales... 

Le second volet de la dégustation du boeuf comporte une recette délicate (que l'on présente comme marinée), avec des champignons asiatiques, cuit-bouilli dans un produit qui rappelle olfactivement le vin jaune chinois (à base de riz, une référence à contourner, absolument) et épicé (raisonnablement). C'est le plat de choix que les visiteurs préfèrent en règle au précédent m'indique-ton. Je ferai donc exception le brouet s'avérant presque immangeable, et nécessitera une dégustation en apnée, qui vaudra au demeurant pour le reste entier du repas qui n'en finira pas... de soupes torrides (au contenu qu'il vaut mieux éviter d'analyser) aux crabes au piment (et l'on met généreusement le visiteur en garde, celui là est très pimenté. Je confirme...).




Heureusement il y a la bière, qui permet de rincer le volcan (sans pour autant modérer l'éruption papillaire)... chance !... nous avions un rendez vous (pour un dry martini) avec un visiteur dans la soirée, il a donc fallu s'éclipser avant les desserts... j'ai bien fait de préciser que je ne souhaitais pas manger de Calamar... ayant aperçu la recette locale en vente au passage dans la rue... Je le savais bien, le charme de la Corée ne réside pas dans sa cuisine...