Niché dans une des rues les plus anciennes de Paris, rue de Montmorency, face (ou presque) à la taverne Nicolas Flamel (qui serait la plus ancienne maison de Paris), le Mazenay est une adresse tour gourmandise, tenue par Denis Groison (au piano, avec une exigence de tous les instants et une précision diabolique dans les cuissons) et Lan Groison, qui officie en salle avec un sourire, un enthousiasme communicatif, qui font de chaque visite une ode à la gourmandise, tournée ici (en décembre dernier) autour du Lièvre à la Royale et en ce début d'année, vers le ris de veau à la citronnelle... pour terminer inlassablement sur le mille-feuille à la vanille. Cuisine gourmande donc, claire, nette et précise, épaulée par une carte des vins superbe, aux entrées parfois phénoménales (les vins d'Emmanuel Reynaud ou de Jean-Michel Guillon), ailleurs d'apparence plus modeste, mais sans faute de goût, aucune... et ce sera pour le coup une trouvaille joliment gouleyante : un pinot noir (Côteaux Champenois Fleury 2018)... pour accompagner le ris de veau, après quelques gouttes de Chardonnay (Ramonet) avec les superbes coquilles St Jacques (merveilles de précision, cuisson comme acidularité... délice).
Il faudrait encore parler des "pommes dauphines" fondantes, délicates et croustillantes ou de la formidable tourte aux pommes de terre de Denis Groison (quelque chose d'incroyable...*)... Bref, un très beau repas, comme l'avait été celui d'une première visite autour des escargots à la citronnelle et du ris de veau ... et pour terminer, oui, inlassablement l'évoquer : le mille feuille, aérien, presque encore tiède, à la crème aérienne, délicatement (et puissamment) parfumée à la vanille.
Evidemment, au chapitre des menus inconvénients, l'établissement se trouve dans l'hypercentre parisien, presque même à l'Est, une aventure... mais largement récompensée par l'accueil chaleureux que réserve le MaZenay et la certitude d'un moment de gourmandise assouvi, pleinement.