mardi 27 octobre 2020

CANCALE : CHATEAU RICHEUX (LE COQUILLAGE) - HUGO ROELLINGER



Depuis Saint-Malo, la route est simple qui longe la côte, une belle journée d'automne, ensoleillée et ventée comme il se doit, un petit arrêt à la pointe du Grouin, pour le plaisir du point de vue, pour un coup d'œil sur le Mont Saint-Michel au loin, perdu dans la brume...fin de matinée tranquille, cheveux au vent... on se prépare à une visite gourmande chez ROELLINGER, au Coquillage, la table des maisons de Bricourt, sur le site enchanteur du Château RICHEUX. et la route mène rapidement ensuite à CANCALE puis, au Sud, à Saint-Méloir des Ondes... marée descendante à nôtre arrivée, saison des grandes marées, tout au long du déjeuner nous aurons le loisir de voir la plage se découvrir toute entière, et apparaître les parcs à huîtres et poindre les bouchots. Déjeuner enchanteur en perspective, dès l'arrivée où nous sommes placés face à la baie, "table avec vue"... accueil avenant, service prévenant, sommellerie complice... quelques petits arrangements avec le menu "à l'abri des flots" que nous augmenterons d'un Homard au cacao, trois piments mexicains et Jerez... pour un repas hénaurme, dignement accompagné d'un Hermitage blanc 2007, de JL.Chave. Joli programme en perspective... qui démarre par trois petites bouchées... Maquereau mariné, tomatine confite et aubergine laquée... le ton est donné...

"Crapaudine" pour ouvrir le bal (dénomination de la betterave qui vient enrichir de sa saveur "terre" la vinaigrette à suivre)... vinaigrette donc, qui vient relever une belle assiette de Saint-Jacques de plongée, citron et oseille argentée. Délicat, frais, acidulé comme il faut... on a beaucoup aimé. 


"Acidité Végétale" ... carotte râpée, vinaigrette pointue, Argousier et Œillet d'inde, et Bar façon ceviche. Un très beau travail de textures, oui une acidularité maîtrisée, tout gourmandise. Un plat faussement simple, et tout à fait délicieux.


"Iode lactée"... on fait dans le lourd... splendide ! praires, lait d'amande fumé, algue Wakamé, sarrasin torréfié et beurre noisette. Harmonique façon Grandes Orgues (... à la manière de l'entrée en scène de l'Orgue dans la Symphonie avec Orgue de Saint-Saëns)... Un très grand plat, mâche et saveurs ... Giganteske !


"Abyssal" : compliqué encore, formidable toujours, texture, mâche et saveurs fondues, parfaitement : Encornet, radis Daïkon, Nori, vinaigre de cidre et pomme, jaune d'œuf et champignons... Un très grand plat, tout gourmandise.


"Soleil Salin" net, tendu, précis, barbue au BBQ, tomates de toutes les couleurs, purée d'aubergines et eau de tomate... on est encore dans le merveilleux, du jeu de textures, d'acidularité parfaitement maîtrisée, la cuisson au charbon de bois est précise et apporte toute sa contribution gustative.


"Histoire de Homard" sera rajouté avec la complicité de la cuisine, comme pour un clin d'oeil à la cuisine d'Olivier Roellinger, le fameux Homard Breton au cacao, trois piments mexicains et Xerès. Il n'a pas pris une ride depuis un précédent passage (il y a une bonne vingtaine d'années)... Le "Homard Merveilleux"...


Place aux desserts à suivre... une pomme aigrelette et savoureuse, juteuse, poudre des Bulgares et pétales de rose... "Feuilles d'Automne"... pointu et rafracihissant... en prélude à la tarte au cacao qui est un genre de tour de force, alliant la saveur précise du cacao, la texture aérienne de certaine tarte au chocolat de la place des Vosges et un sous-sol au caramel-beurre salé pas du tout envahissant, parfaitement équilibré, une gourmandise absolue, point d'orgue de ce repas flanquée d'un Grog au Rhum de Marie-Galante...