Une journée d'été, une soirée comme il y en a peu au Touquet, un moment de grâce à La Madelaine sous Montreuil... dès l'arrivée, la promenade, en face de la Grenouillère à la tombée du jour est un enchantement vrai, le coucher de soleil et l'apéritif pris dans le jardin sont un instant délicieux (encore que, sous un Pommier, l'une d'entre nous aura vécu l'expérience de Newton... heureusement sans dommage collatéral). L'ensemble est bel et bon mais il manque peut être un brin de souffle, de naturel, tout résonne un peu trop comme une machine "trop bien huilée"...
A l'instant de l'apéritif, on découvre une carte des vins qui comporte de belles entrées propres à satisfaire le gourmand visiteur (Champagne Vouette & Sorbée, Chalasses vieilles vignes 2013 de JF.Ganevat). Les mises en bouche sont rigolotes : craquant de langoustines, oignons nouveaux - framboise, et bientôt on passe à table; à la table d'Hôtes, face aux cuisines qui s'affairent avec une précision horlogère.
Service courtois, mais jamais vraiment complice. On pourraît gloser sur l'uniforme du staff (tabliers de forge) comme d'autres l'ont fait jadis à propos de l'uniforme "façon secte" à Laguiole, chez Michel Bras...pour autant, pas de reproche: un grand professionnalisme... mais pas d'échange.
Joli repas, bien construit, avec des poissons cuits à perfection, et une terrine d'épinards juste délicieuse, petite merveille de ce dîner. On aura augmenté le petit menu (huit services !) de cuisses de grenouilles, le patronyme de l'établissement l'appelait...
Ouverture du bal par des oeufs de poisson fumé, recouverts d'une faisselle, délicat, bien balancé, et bientôt suivie du premier service : melons d'eau et langoustines, soy sauce rafraîchie et poivre (délicieux, frais et d'un équilibre exemplaire). La promenade gourmande est en route qui se poursuit sur la même tonalité par le navet capsule et daurade, centré sur le croquant, l'acidularité et une grande délicatesse.
Puis vient un sandre et cresson brûlé. Cuisson irréprochable, texture fondante, tout en saveur et en consistance. Un très beau plat bientôt suivi d'un friton au stilton (tiens donc...) et du formidable "gâteau d'épinards"... splendide...
Et l'on reprend le cours des choses avec un somptueux rouget grillé, pêches de vigne. Peut-être le tout meilleur plat de ce menu. Suivi tout bientôt des cuisses de grenouilles à l'ail et au persil.
La caille grasse "mi cuite" avec abricot confit termine le corpus de ce menu, qui commence à se faire copieux et où il faudrait aussi vanter la qualité du pain (fait maison: pain blanc et pain au sarrasin), et du beurre fraîchement battu... cette caille se présente accompagnée d'une brioche à l'estragon... copieux "petit menu"...
Miel et citron, timbale au chèvre et fameux dessert cacao, amandes et vinaigre de cristal terminent ce beau moment de gourmandise. On pourra (légitimement) grogner en fin de repas d'être gêné par l'odeur des produits ménagers lors du nettoyage de la cuisine... pas top. Mais si, grand beau repas. Ordonnance à renouveler.


















