dimanche 18 août 2019

L’ORÉE DES CHÊNES (LA FERTÉ SAINT-AUBIN)




Un hôtel en pleine nature, "comme un hommage au Grand Meaulnes", les chambres y sont spacieuses, agréables, ouvrant directement sur la nature, sur un étang... et quelques canards, chevreaux, et autres petits animaux s'égayent aux alentours... en apparence charmant d'autant que la table est bonne, franchement. On se frotte les mains, dernière halte avant de retrouver Paris à l'issue de quelques jours de vacances, en Bordelais et en Auvergne. Et deux jolis parcours de golf à toute proximité. Tout semble mis en oeuvre pour faire de l'Orée des Chênes un joli point de chute à l'avenir...


Belle table, un menu assez court mais le Chef (en fait la Seconde, en l'absence du Chef) connaît sa partition sur le bout des doigts et les dressages sont savants, sans faute, sans reproche, les cuissons également (et le Wagyu à cuire au sautoir, saignant, ce n'est pas si simple...), deux très jolis dîners, avec des mises en bouche délicates et joliment ficelées (tartare de thon, wasabi et rouleaux de magret et anguille fumée, pomme verte Granny Smith)... Tout serait en apparence idyllique si la carte des vins était juste décente, or ... non seulement elle ne comporte que deux ou trois entrées de qualité (Jacky Blot), mais en outre... elles sont malheureusement manquantes et seront remplacées par un Vouvray générique, sans âme.



Mais fi de tout çà, les plats à suivre ne démériteront pas... entrée délicieuse, joliment dressée, fraîche et goûteuse : viande de boeuf crue fumée, melons en texture et un petit granité de melon sur le côté, franchement très bon, très rassasiant, délicat et parfaitement exécuté. On en oublierait pratiquement le coup du vin...


Wagyu-beef au sautoir, pommes de terres confites, mousseline d'Estragon et de wasabi, flanqué de légumes en pot au feu (carottes, navet et poireau), avec un bouillon de soupe au miso... çà c'est un très beau plat, franchement très gourmand, un brin trop copieux mais sans aucun faux-pas. La seconde décidément, a "une belle main"...



Et en dessert, un panaché de fraises en carpaccio (ciflorette, garriguette et Mara des bois),  et Thé vert Matcha, déposé sur une feuille de meringue tendre et accompagné d'un thé vert Matcha glacé, augmenté d'une fraise confite (pas indispensable) et de miel de la ruche (pas non plus indispensable, mais bel ensemble tout de même)... un très beau repas, qui ne pêche que par cette affaire de vins... et un service inexistant, ou pire, indifférent, tout à fait... comme si le personnel avait quitté l'établissement, pour abandonner là quelques stagiaires débutants et peu inspirés...



Car le reste, tout le reste, prête à critique, malheureusement et c'est dommage que l'impression d'une si jolie cuisine (le dîner du lendemain sera également délicieux, confirmant la première impression) soit fracassée par un service en salle d'une absolue indifférence... au point que lorsque le Montlouis initialement commandé s'est trouvé manquant (pas de chance... expérience renouvelée avec le Sancerre le lendemain), l'apprentie-sommelière auto-proclamée a apporté d'autorité en remplacement un Vouvray sans intérêt aucun... et le lendemain un Sancerre également nul... de toute façon, rien sur la carte qui puisse susciter l'intérêt d'un gourmand. Massacre d'une belle cuisine...


Et l'hôtel ne mérite pas que l'on s'y attarde... grandes chambres meublées façon "campagne des années 90", mobilier bien entretenu et literie irréprochable, par ailleurs chambres sombres, sans intérêt particulier... sans climatisation aura-t-on noté (inutile ces jours mais cette année, ce sont des détails que l'on remarque)... et l'accueil n'est guère plus enthousiasmant que le service en salle... et pire encore les petits-déjeuners sur le mode DIY évoquant plus un club vacances qu'un établissement arborant Quatre étoiles hôtelières... Bref, on ne reviendra pas car point n'est besoin de faire 150km pour la seule table... dommage, deux jolis parcours de golf à toute proximité : les Aisses et Le Golf de Sologne...