Un dîner au jeu de quilles, sous l'autorité bienveillante et oenologiquement éclairée de Benoît Reix (et de Guillaume Clauss) peut être un grand moment d'Amitié, de gourmandise et de dégustation... et de le démontrer une fois encore (et avec quelle démesure) ce vendredi soir dernier... Un beau et grand dîner, avec pour vedettes un formidable Saint Pierre et le boeuf du voisin... en harmonie avec un splendide Meursault Genevrières 2009 de chez Cossard, et un hénaurme Côte-Rôtie Jamet 1991 qui se tenait encore droit dans sa bouteille, prêt à y passer quelques années encore !
La cuisine de Benoit est droite et juste, la main est belle et précise, la gourmandise dicte la partition, le vin harmonise l'ensemble, le régal participe de la fête dès la mise en bouche (quenelle de carotte, langoustine juste cuite et consommé de langoustine au piment)... jusqu'aux fromages et même y aura-t-il un dessert... Énorme Meursault Genevrières, 2009, encore un Bébé... qui s'ouvre en quelques minutes, développe une puissance formidable et une minéralité somptueuse. Il fera un tandem parfait avec la langoustine, tout comme avec le fenouil au lard de Pata negra à suivre, le Tataki - concombre - carotte orange (une gourmandise fondante, d'une cuisson exacte)... et bien entendu le Saint-Pierre, pièce maîtresse annoncée du dîner.
Saint Pierre juste rôti, d'une cuisson parfaitement exacte, tout simple, tout gourmand, et qui permet de glisser paisiblement vers l'univers complexe du côte-rôtie, bouteille d'anthologie, année de rêve, vigneron d'exception... la signature Jamet est là dès le premier-nez : olive noire... puis elle avance en bouche vers des notes de tabac et de cuir. Un vin inouï et qui évolue dans le verre d'une gorgée l'autre. Belle harmonie avec le tartare de veau (toujours du voisin), oseille et céleri (joli match)...
Puis on passe aux vins anecdotiques... splendide Trévallon 1995, L'Anglore Comère 2011 (une réussite) et un "J'en veux" de chez Ganevat qui n'est pas (tant s'en faut) ma préférence chez ce vigneron qui sait sortir de grands vins du Jura mais ici fait un peu dans le Gauby local, et n'emporte pas vraiment la conviction... On marie tout çà avec un faux filet somptueux, signé Desnoyer, quelques patates sautées (qui ont attendu le temps qu'il fallait pour être presque confites)... et comme on est même très courageux, on trouvera la force de fromages (splendide comté, Saint-Nectaire de concours...) et d'aller jusqu'au dessert (joli mariage lemon curd, fraises, pistache)...
Grand beau dîner, arrosé généreusement et avec des quilles somptueuses, un seul commentaire résulte de ce bon moment d'Amitié, merci (et aussi... we'll be back...!).










