samedi 2 février 2013

LE JARDIN DES PLUMES


Charmant, gourmand, chaleureux, presque secret... un endroit caché à l'entrée de Giverny, un de ces endroits que l'on pressent pouvoir bien vite devenir magique et pris d'assaut, la belle saison venue, par les visiteurs venus jusque là sur les pas de Monet et des impressionnistes... Le Jardin des plumes...



Une "visite surprise", un accueil adorable et chaleureux. Le salon et la véranda permettent de prendre apéritif et café dans une atmosphère toute d'élégance et de confort (et qui n'est pas sans rappeler l'ambiance de certaine véranda des Crayères ou de Belmont).


Grande salle à manger, mêlant avec goût la décoration "Arts-Déco" et un mobilier contemporain élégant et parfaitement confortable. Grande salle toute en lumière, claire et accueillante, et de surcroît fréquentée, au déjeuner, en milieu de semaine, ce qui est de bonne augure... Le repas qui nous sera réservé ne fait que confirmer que la maison a de la ressource, et pas qu'un peu !..

Mise en bouche d'un carpaccio de veau (de belle qualité mais j'aurais préféré, je crois, avec la petite fantaisie agrume qui l'accompagne, le même veau en tartare plutôt qu'en carpaccio). Belle entrée en matière toutefois, d'un menu en sept stations, inspiré, gourmand et exécuté d'une main joliment maîtrisée.


Le Chablis 2001 d'un Dauvissat alternatif sera un peu court, manquant de stature (probablement un peu au delà de sa maturité optimale), mais la carte des vins est encore en cours d'élaboration et l'on ne saurait tenir rigueur à un établissement qui ouvre à peine, de ne pas encore proposer une douzaine d'entrées par cru aux convives d'un jour. On a d'ailleurs très envie de discutailler et faire confiance au jeune sommelier enthousiaste, qui travaille avec conviction pour construire une carte des vins alléchante.


Démarrage en fanfare à suivre, avec une Burrata, des champignons parfumés et des légumes oubliés ("vieux légumes" diront certaines...), délicatement associée à un Lapsang Souchong dont la tonalité fumée rehausse l'ensemble avec une carrure certaine qui emporte la conviction. Et pour suivre, la tarte sans fond, aux pois chiches, olives et calamar : une réussite incontestable, texture et saveur.


A suivre les coquilles Saint-Jacques (cuisson parfaite), lard Colonnata et un improbable fond fumé, suave et comblant les papilles. Léger, parfaitement lisse, sans une goutte de crème ("pas de crème chaude" se souviendra-t-on)... délicat et délicieux...


Grand plat ensuite, complexe et d'une exécution (et cuisson parfaite) : lotte, couscous et poivre de je ne sais plus trop où d'ailleurs (mais à saveur affirmée, rappelant une consonance agrume qui justifie de petits quartiers de pamplemousse tout à fait bienvenus tant par la saveur que par la consistance), ris d'agneau apportant un brin de croquant et jus d'agneau, crème surette au cumin... compliqué disions nous, juste gourmand, complètement, et une queue de lotte de cuisson exemplaire. Grand plat, vraiment...




A suivre un canard de cuisson exemplaire, fondant, avec quelques légumes d'avant-hier, et une mélasse à la badiane. Puisqu'il faut absolument faire quelques critiques, ce sera pour le canard dont la cuisson n'appelle de commentaire que superlatif mais on peut s'attarder un instant sur la mélasse qui est un tout petit peu liquide pour emporter tout à fait la conviction et la tonalité anisée de la Badiane qui devrait être pondérée un brin (peut être par l'adjonction, association avec de la réglisse... mais il ne faudrait pas pour autant virer vers une tonalité "Pastis" qui ne ferait pas bon ménage avec le canard, quelques grains de fleur de sel pourraient peut-être utilement équilibrer l'anis...?). Bref, un plat qu'il importe encore de mettre en place (mais pour autant qui ne fait pas bouder son plaisir sinon que l'appétit commence à en avoir pris un coup...).


Croquettes de camembert à l'instant du fromage, incontournable blason laitier de la région : jolie réalisation technique façon cromeskis, à la texture bien maîtrisée et à la saveur équilibrée,  mais à cet instant, l'appétit manque un peu et l'on craindrait presque le dessert s'il n'était aussi léger que bienvenu avec une bille chocolat au lait et une boule de sorbet bergamote. Ce sorbet est exemplaire et arrive tout juste bien à la fin d'un repas de cette stature, pour rafraîchir de tonalités acidulées et rafraîchissantes. Il n'y a plus dès lors de place que pour la discussion autour d'un café... et un grand merci à Nadia et Joackim pour leur accueil adorable. Puisque c'est ainsi... nous reviendrons !
(au fait... le site internet est juste parfait...)