dimanche 22 avril 2012

SENLIS - LE JULIANON (21.04.2012)


Richard Baïma – Le Julianon, LA table de Senlis ! Un Chef formé chez Senderens mais pas pour autant formaté à l’approche industrielle d’une pseudo gastronomie délicatement dressée, destinée pour flatter le plus grand nombre, et surtout ne susciter aucune critique, aucun commentaire, ne provoquer aucun étonnement… La cuisine de Richard Baïma est SA cuisine et elle provoque !... Elle étonne !… Elle sait aussi flatter la gourmandise, susciter des commentaires élogieux ou intrigués, interpeler sur le choix du vin (pas si simple avec les agrumes) et finalement procurer aux hôtes de cet élégant restaurant de poche, un repas original, gourmand et innovant, portant indiscutablement la marque Ô combien originale de ce Chef qui, particularité qui mérite d’être soulignée, travaille seul en cuisine… Tour de Force !

Mise en bouche gourmande

Foie gras - Radis

Bulots - Chorizo Ibérico- Carmine
La carte des vins porte quelques jolies références, qui pourraît certainement encore être un peu travaillée mais l’on trouve de belles idées, qui permettent d’harmoniser avec délicatesse et originalité la cuisine du Chef tels ces produits de la Côte Chalonnaise, « La Fortune » (Pinot noir) et « Les Clous » (Chardonnay) 2009 [A.et P. de Villaine) ou ce Côte du Rhône « Nature » 2010 de la maison Perrin (qui sait comment vinifier ces beaux produits de nos terroirs ensoleillés…) Un beau et bon repas donc, qui comportera après une jolie mise en bouche, un étonnant et délicat foie gras de canard à peine cuit, corsé au cacao-café, dans un bouillon aux radis, flanqué de deux radis pochés à la texture d’une improbable tendreté et d’une tranche microtomisée de radis noir, qui apporte à l'opposé croquant et fermeté à l’ensemble… un plat culotté, délicieux et considéré par la tablée comme « meilleur choix » versus le « bulot, chorizo Iberico, carmine au jus iodé » un peu moins parfaitement équilibré.

Dorade grise - Orange sanguine - Avocat/citron

Bar - Pak Choi
Au chapitre des « poissons », la dorade grise cuite à basse température, pulpe d’avocat, orange sanguine fait un joli plat, savoureux, d'une construction acrobatique mais parfaitement équlibré, assez difficile par contre à harmoniser avec le jus de treille (éternel problème de l’agrume qui, dans le fond, ne consent à s’associer qu’au Chenin)… Un plat toutefois très très original et qui flatte la gourmandise autant que la curiosité du convive… Le « Bar – Pak Choi, jus d’Aneth et pignons de pins » aura pour certains la préférence. En tous cas, l’accord mets-vins est dans ce cas plus simple à réaliser (et probablement optimal avec le Chardonnay).

Côte de cochon Ibérico - Passion - Céléri
Quant aux viandes, ici la côte de Porc Ibérico, Céleri rave, fruit de la passion et Soja… Là la Canette de Barbarie parfumée à la Bergamote, marmelade de rhubarbe… dans un cas et dans l’autre, une réussite et un très bel accord avec le Côtes du Rhône : un très beau plat.

Garriguette
A l’instant du dessert, tous considéreront que l’un comme l’autre (gariguette – faisselle au Shizo et citron vers versus ananas rafraîchi à la citronnelle, mousse à la noix de coco) sont légers, acidulés comme il faut et également gourmands.


Un très beau repas donc, un très bon moment de gourmandise... Un Chef innovant, qui travaille avec un enthousiasme communicatif : mais où donc est l’étoile qui devrait récompenser ce joli restaurant ??? LA table de Senlis et sans doute l’une des belles tables Picardes d’aujourd’hui.