La Table Joël Robuchon maintient indéfectiblement le cap... pas de surprise. Un rapport qualité-prix tout à fait défendable en région parisienne (le menu Club à 55€ du déjeuner, vin compris)... pour autant les deux clochettes dont le Michelin continue d'honorer l'établissement ne rendent juste compte qu'au Patronyme quand les cuisines produisent une honnête cuisine intelligemment industrialisée, et absolument dépourvue de créativité ou d'émotion. Rien ici que l'on puisse raisonnablement comparer à une authentique cuisine de Chef, mais plutôt une dérive contemporaine vers la surexploitation des patronymes de Chefs célèbres et "rangés des voitures" tels Robuchon et autres Ducasse... devenus chefs d'entreprise et "créateurs" d'une cuisine industrielle de luxe, une espèce nouvelle qui est à la grande cuisine ce que le Canada Dry est au Whisky.
L'amuse bouche a enfin changé (on n'y croyait plus) et la panacotta au fenouil rafraichie de tomates n'est honnêtement pas désagréable. Le pâté en croûte au foie gras est un honnête produit que n'aurait pas désavoué un traiteur voici quelques années (lorsqu'il en existait encore)... quant au Merlan Colbert (joli superlatif, rendant juste compte de la présentation exubérante du merlan frit), il n'appelle pas vraiment de commentaire particulier. Il est probablement ce que l'on peut faire de mieux avec un merlan. Et ce n'est in fine pas passionnant... Brie de meaux et fraises accompagnées d'un sorbet au basilic ne méritent pas de commentaire... Le vin était acceptable, sans plus... (côteaux du Languedoc blanc) et le moment n'était pas désagréable sinon l'absence totale d'émotion gastronomique.