Il n'y aura pas d'autre commentaire avant longtemps sur "La Table Joël Robuchon" tant la dernière expérience dans cet établissement de l'avenue Bugeaud a été décevante, et le mot est faible...
Que la salle soit triste à mourir n'est pas une nouveauté; que le service soit indigent non plus... mais pour autant que l'ensemble du personnel fasse des efforts, celà ne suffit pas à improviser le service que l'on est en droit d'attendre d'un établissement Parisien doté de deux étoiles par le Guide Michelin. Et tant que l'on évoque le service, la sommellerie mérite aussi une mention particulière, pour son inexistence... remplacée qu'elle est par une carte des vins construite avec adresse, comportant quelques valeurs sûres dans diverses gammes de prix...mais rien ici qui inspire une expérience gourmande inédite (et ce samedi, un muscadet amphibolite 2006 juste décevant et un Pinot Gris Östertag de belle facture, sans surprise...).
Le menu dégustation est sans intérêt aucun, au cours duquel se succèdent de soi-disant plats, qui évoquent plus un cocktail dînatoire qu'un dîner étoilé... rien ici qui nécessite un authentique travail de cuisine. La verrine apéritive (foie gras, porto, emulsion au parmesan) ouvre invariablement le Bal depuis des années... les légumes confits sont indignes d'un tel établissement (vague feuilleté de poivrons et courgettes, surmonté d'une quenelle de fromage de chèvre frais)... la verrine garnie d'une gelée aux coquillages, d'un taboulé d'herbes et de tourteau n'inspire qu'un peu de compassion à l'encontre du cuisinier fautif... la tartelette feuilletée aux poivrons surmontée d'une coquille St Jacques (exquise) ne s'inscrit pas non plus dans le périmètre de la cuisine. Une mention doit être formulée pour le foie gras chaud (pas bien compliqué mais délicieux) et la caille rôtie au foie gras (même commentaire)... à l'inverse d'une improbable sole insuffisamment cuite (c'est dommage) et fumée (c'est consternant). Les deux desserts (l'un à note Pamplemousse, l'autre sous forme d'un soufflé) sont du niveau d'un honnête Bib gourmand de province...La consternation est donc totale. L'échec est cuisant. Il est un peu dommage pour nous que l'établissement ait été choisi ce samedi pour honorer un hôte de marque étranger. Tous sont d'accord après ce repas misérable, et me rejoignent pour considérer que, décidément, La Table Joël Robuchon est absolument indigne de deux clochettes au Michelin (voir d'une seule, même) et qu'un repas au Véfour (récemment rétrogradé à deux étoiles) ou au Bristol (sous la houlette du formidable Eric Fréchon) sont autant d'expériences gastronomiques qui ne sauraient être comparées avec un dîner dans cet établissement qui nous semblent préfigurer l'ère de la "gastronomie industrielle" à l'instar d'un certain Le Nôtre, autrefois, avec la Pâtisserie.