Une table mythique des années folles, c'était au début du siècle dernier. Une salle à la décoration somptueuse et classée; une maison dédiée de tous temps au caviar et au festoiement des années 20... jusqu'à la seconde guerre mondiale. Le faste du Prunier Traktir (il y avait jadis une première maison Prunier à la Madeleine et il y eut ensuite, après guerre une autre maison Prunier, rue Duphot (qui deviendra Gaya)... ce faste ne se retrouvera pas dans ces autres maisons... ici on entre comme dans un temple, dans le pur jus Arts Déco. des années Charleston... et si le caviar d'alors était importé de Russie, Prunier se veut aujourd'hui producteur de caviars Français. Ces petits grains noirs sont (et demeureront pour qui a connu les caviars de la Caspienne, les vrais...) qualitativement et gustativement très inférieurs à ceux d'autrefois (quoique plus réguliers il est vrai). Bref... un déjeuner chez Prunier, une atmosphère un brin décadente...
Deux grands amateurs de caviar réunis à une table nichée dans l'angle, au fond à gauche de cette salle superbe, une livre d'Oscietre, des blinis et puis... quelques gouttes de vodka Russe, toute simple (les déclinaisons contemporaines et parfumées de vodkas -hormis la dite Bison- sont assez mal venues avec la pureté iodée et saline des œufs d'Esturgeon). Quelques blinis pour servir de coussinets sous le caviar. La qualité du caviar n'est pas étourdissante mais non, il ne faut pas bouder son plaisir, c'était bon et même très bon... et on terminera avec un genre de crêpe Suzette revisitée au Pernod (assez étrange mais pas franchement raté, tout à fait défendable au fond...).






