dimanche 20 mars 2022

LE CLARENCE - CHRISTOPHE PELÉ INSPIRÉ... DÉJANTÉ ! FORMIDABLE ...

 


EN PLACE !
Un déjeuner au Clarence n'est jamais quelque chose d'anodin, de plan-plan convenu, d'un joli menu bien ficelé, maîtrisé dans le détail par une équipe de cuisine qui le reproduit inlassablement, en déclinant deux, trois ou quatre services, selon le choix du client, inlassablement, en ne manquant pas d'y inscrire le "plat signature" du Chef... On est au Clarence dans la brume, passagers d'un esquif confié à un capitaine fringant et téméraire, qui se lance dans des harmoniques improbables (mais toujours convaincantes), prend le vent au près serré, avec une précision impressionnante... dressages savants, "comme une improvisation", nous sommes loins ici des "mariages terre-mer" qui nous viennent du "surf and turf" américain qui associe avec une gourmandise affichée (chacun ses goûts) langouste et steak grillé... très loin, aux antipodes, il ne s'agit pas ici de faire une alliance ceci-celà mais de trouver comme le ferait un compositeur, une harmonique nouvelle, une transition, une modulation improbable mais toujours convaincante. Et quand bien même le convive ne serait pas enclin a priori à une cuisine innovante... le voici qui au fil des plats s'ouvre à l'esprit du Chef, se régale proprement, adhère, et repart avec des étoiles dans les yeux, et repus aussi. Le service, pour couronner le tout, est irréprochable, la sommellerie épaulée par une carte des vins très convaincante, sait se faire complice de chaque table... Or donc, le Clarence...


LE MOCHI D'OUVERTURE



Un menu improbable. On dit trois services, on verra défiler près d'une vingtaine d'assiettes, et on pourra en résumé dire qu'outre la délicate mise en bouche (un mochi salé), on aura successivement dégusté la coquille Saint-Jacques, le Turbot et le lapin... "dans plusieurs états" avec également une petite fantaisie très convaincante : le violet de méditerranée, petit mollusque extrêmement iodé, pas une erreur, pas une approximation, ce qui contraste avec l'impression que tout arrive au "presque naturel"... 


L'instant Coquille

L'instant Coquille... tout en finesse, élégance, légèreté... avec le petit clin d'oeil du violet de méditerranée en ouverture et les tellines au chorizo pour transition avec le turbot à suivre... on se sent bien partis, avec pour complice, le Saint-Aubin "Les Champlots" de PY.COLIN-MORET... où l'on perçoit dès la mise en route que "çà va bien se passer"...


La fameuse brioche en forme de transition. Gourmandise...


L'instant Turbot

L'instant turbot sera tout aussi convaincant et délicat, avec un accord tonitruant avec la saucisse de cochon noir de bigorre, quelque chose d'énorme... et pour faire transition (encore) quelques grains de caviar, tout à fait bienvenus, avec une tête d'asperge verte et une hollandaise, "simple et de bon goût".


Galette craquante et Gyozas
(un genre de tuerie).


L'instant lapin...

Bunny's time to come, ensuite... qui sera joliment accompagné d'un verre de Gevrey-Chambertin du domaine SERAFIN, sis juste en face du Château de Gevrey-Chambertin. Belle harmonique d'autant que la truffe est encore présente, et bien présente, avec générosité, ce qui ne nuit jamais au plaisir gourmand de l'instant. Un brin de poutargue de thon en topping... une petite merveille gustative. En clôture du lapin, les pommes soufflées le plus dingues qui soient... miniatures, croustifondantes... flanquées d'une Trévise au Shizo... Cà va tellement mieux que l'option fromage sera déclinée et d'en arriver aux desserts.



Quand on dit que la sommellerie est complice !




Et d'en arriver aux desserts, avec une mention spéciale pour cette satanée crème au citron qui est une petite merveille en soi, déclinée au gré de l'inspiration de l'instant et çà, c'était explosif, la petite gelée à la flouve et aux petits pois... délirant et délicieux... pour le coup et malgré l'entier repas, on en aurait peut-être bien repris... Un déjeuner simplement merveilleux, un service irréprochable, un grand immense merci et l'on n'a au fond qu'une envie... revenir. Vite !