Un Nouvel An Russe avec quelques jours de retard, Prunier Traktir, avenue Victor-Hugo, une salle délicieusement Arts-Déco, restaurée, "dans son jus", et la tradition du Caviar, recentrée sur les Esturgeons de la Gironde dont cette Maison Parisienne, autrefois bicéphale (avec le Prunier Gaya de la rue Duphot) a toujours assuré la promotion. Un repas centré sur le caviar, dont on peut sans doute discuter la qualité (les caviars Chinois, Américains et même italiens sont supérieurs en texture et d'une saveur plus iodée) mais tout de même on ne boude pas son plaisir même si... le service est attentionné mais manque de précision et de professionnalisme.
Et la cuisine pourraît sans trop d'effort monter d'un cran (l'Aspic d’œuf au caviar baptisé "Oeuf Christian Dior" ne devrait souffrir aucune approximation, de la gelée -trop ferme- à la température -trop froide- en passant par le dressage)... la mise en bouche est sans intérêt (un genre de tartare d'avocat et quelques morceaux d'un poisson sans intérêt dans un cornet à l'encre de seiche, sans grand intérêt non plus). La suite sera "tout caviar" avec des blinis miniature, sans âme (déjà que le caviar n'en avait pas trop...)... au total on aura plutôt bien mangé, une centaine de grammes de caviar par personne, mais au fond, hormis le décor, rien d'émouvant...
Au chapitre des vodkas (quoi d'autre avec le caviar)... pas de vrai choix, rien qui témoigne d'une connaissance de ce beau produit... un carafon d'une Moskovskaïa sans personnalité... heureusement, le décor... encore lui mais non, rien qui appelle à y revenir, pas même la gourmandise. C'était bon, sans plus... et le caviar ne doit pas être "sans plus"... Oui, "c'était mieux avant"... il y a bien longtemps...





