dimanche 9 mai 2010

Senlis : le Julianon, c'est Bon

"Senlis, destination gastronomique". ... voici quelque chose de neuf au Nord de Paris, dans cette ville de l'Oise ou bien peu de chose de juste flatteur pour la papille brillait jusqu'à ces dernières années... Et c'est doux euphémisme que de résumer ainsi le passé gastronomique de Senlis jusqu'à l'arrivée de Richard Baïma, Chef tout droit sorti des cuisines du Lucas Carton où il a servi en qualité de Second, aux côtés d'Alain Senderens plusieurs années de rang, avant que de tenter d'exprimer ses idées propres dans ce tout petit restaurant, perdu au beau milieu d'un absolu désert gastronomique : à Senlis...

Et c'est un succès car au Julianon : c'est bon ! Succès personnel aussi,  car le jeune chef ne cède pas aux caprices d'une carte convenue et destinée à satisfaire les aspirations "planplan" du plus grand nombre. Le Chef a du culot, et du savoir faire aussi.  Il compte s'exprimer... Il cherche des produits de grande qualité, les traite avec respect et plein d'idées; de personnalité aussi et au travers une carte courte (deux entrées, deux poissons, deux plats et deux desserts), propose au dîner un menu dégustation qui justifie qu'au passage à (ou vers) Senlis, on s'arrête au Julianon pour cette expérience que l'on ne regrettera pas... après s'être assuré que l'on peut y être reçu car le Chef est seul en cuisine et peut reçevoir quelques 12-15 couverts tout au plus...

Au chapitre des gourmandises, un foie gras improbable, traité en tartare, dans un bouillon au Shitaké avec des asperges peu cuites, finement émincées... jeu de saveurs et de texture, d'inspiration un brin asiatique, mais pleinement maîtrisé et sans tomber, loin s'en faut, dans le piège contemporain de la "fusion food". Délicieux. Puis viendra une lotte parfaitement cuite, accompagnée d'encre de seiche et de quelques asperges (et de zestes de citron confits) un exemple justesse pour un poisson bien difficile à traiter ... puis un veau cuit à basse température flanqué de quelques navets exquis... et enfin un formidable dessert autour des fraises et des framboises achèvera un dîner exquis, bien épaulé par un Chablis minéral à souhaits, suivi d'un Vosne Romanée 2006 (Anne Gros) en accord parfait avec ce beau dîner.

Décidément, au Julianon, c'est Bon ... Qu'on se le dise !